Je sais, mais je ne fais rien
Il y a environ 2500 ans, un homme pointait déjà du doigt l’illusion de la connaissance. « Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien », disait Socrate. Si on cite souvent cette phrase avec admiration dans les facultés de philosophie, on semble incapable de l’appliquer là où elle devrait pourtant résonner le plus fort, soit à la petite école.
Reconnaître son ignorance est le début de l’intelligence. C’est accepter que comprendre le monde nécessite du doute, de l’écoute, de la nuance et du temps. C’est précisément l’inverse de ce que devient tranquillement notre rapport à l’éducation, qui est fait d’une suite de chiffres, de tableaux, de plans stratégiques et de slogans politiques donnant l’impression que tout est maîtrisé, alors que le terrain, lui, s’effondre morceau par morceau.
— Monsieur Simon, pourquoi il manque autant de livres dans notre bibliothèque ?
— Je n’ai pas de mots pour t’expliquer ça, mon Fred.
La vérité, c’est que nous savons très bien pourquoi nos bibliothèques scolaires ressemblent de plus en plus à des salles d’attente oubliées. Nous savons pourquoi des écoles entières fonctionnent avec du matériel pédagogique usé jusqu’à la corde pendant qu’on annonce, chaque année, de nouveaux faux investissements en éducation.
L’histoire du monde ne s’est pas écrite par des algorithmes, mais bien dans des livres, dans des pages........
