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Le bilinguisme individuel, un moyen de rompre les «deux solitudes»?

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09.07.2025

Le Devoir vous invite sur les chemins de traverse de la vie universitaire. Une proposition à la fois savante et intime, à cueillir tout l’été comme une carte postale. Aujourd’hui, on s’interroge sur les effets d’une absence de barrières linguistiques.

Depuis que nous nous connaissons, une phrase revient sporadiquement lors de nos conversations : « Tu n’as jamais entendu parler de ça, vraiment ? » Elle témoigne de l’étonnement qu’un Québécois francophone peut éprouver lorsqu’il s’épanche sur l’œuvre d’Harmonium et qu’un Ontarien anglophone demeure impassible. Ou, à l’inverse, de la surprise qu’un Ontarien anglophone peut ressentir lorsqu’il cite les meilleures répliques d’un sketch de This Hour Has 22 Minutes et qu’un Québécois francophone reste perplexe.

Même si nous partageons tous deux le même amour pour la politique, que nos parcours scolaires se ressemblent en tout point et que nous sommes la plupart du temps d’accord, nos bagages culturels, eux, diffèrent profondément. Ces points de divergence, peut-être anodins, en disent néanmoins long sur l’une des réalités du pays dans lequel nous vivons.

Les Canadiens anglophones et francophones se distinguent à bien des égards. Sur le plan de leurs références culturelles, certes, mais aussi au niveau de leurs préférences politiques, de leur conception de la fédération canadienne et de leur identité collective. Ces différences ont, au fil du temps, contribué à renforcer l’idée que les deux principales communautés linguistiques du Canada forment « deux solitudes », une expression popularisée par le roman du même nom de Hugh MacLennan.

Dans ce contexte, le bilinguisme individuel — et en particulier, l’apprentissage du français par les citoyens dont la langue maternelle est l’anglais — est souvent présenté........

© Le Devoir