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Une limite a été franchie

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03.06.2026

Une vingtaine de personnes masquées. Un drone pour filmer la scène. Une banderole. Six mots : « Je me souviens d’un Québec blanc. »

Ce matin-là, j’avais autre chose à écrire. Sur la fatigue qui traverse le Québec. Celle des familles qui calculent l’épicerie. Des jeunes adultes qui repoussent l’idée d’avoir des enfants ou d’acheter une maison faute de logement abordable. Des citoyens qui ont l’impression de payer beaucoup, de recevoir trop peu, et de ne plus savoir vers qui se tourner.

Puis cette image de Shawinigan est apparue. Une limite a été franchie.

Le masque dit déjà quelque chose. On veut occuper l’espace public sans se montrer. Revendiquer sans assumer son visage. Intimider sans répondre de ses actes. Transformer la haine en spectacle, puis se cacher derrière l’anonymat.

Depuis, on apprend qu’un militant néonazi s’attribue le mérite de cette mise en scène sur les réseaux sociaux. Cela rend l’événement encore plus grave. Il ne s’agit plus seulement d’une image choquante. Il s’agit d’une action pensée pour provoquer, faire parler, occuper l’espace public et tester notre réaction collective.

Cette image ne résume pas le Québec. Mais elle exige une réponse. Elle blesse des familles, des enfants, des citoyens qui se demandent soudain si le « nous » québécois les........

© Le Devoir