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Des nouvelles du front jeunesse

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16.10.2026

Je passais devant la franchise de sandwichs américains. La jaune et vert, là. Celle qui tapisse notre paysage et l’ensemble de nos villages et que l’on retrouve fidèlement dans tous les quartiers, comme une église. Il faisait noir, il pleuvait et je marchais vers le bar où je participais à une soirée d’humour. J’imaginais mon fils de 15 ans, tout frais, à peine catapulté dans la vie, entrer dans la sandwicherie éclairée aux néons. Les bacs de viandes froides, les pains manufacturés attendant leur tour, et mon fils avec son CV. Il se cherche une job. Une troisième. Il garde les fils de mes amis, il est porteur d’eau pour une équipe de football universitaire, mais il veut aussi faire quelques heures en plus. On l’encourage, c’est son initiative.

Son père et moi, on a tout fait pour que nos enfants soient le plus autonomes possible. Qu’ils sachent laver une salle de bain et faire leurs lunchs, qu’ils soient capables d’appeler chez le médecin, imprimer un CV, apprendre par cœur un numéro d’assurance sociale. Ils sont encore jeunes, mais ils sont débrouillards. Parfois, je les trouve même trop indépendants. Si tu fais bien ton boulot, comme parent, tes enfants ont de moins en moins besoin de toi. Tu en rêves quand ils sont petits et ont l’âge de te coller jusqu’aux toilettes. Quand ils cognent avec toute l’urgence du monde à la porte de la salle de bain pour venir te raconter jusque dans la douche qu’ils ont vu un chien. « Brun. Un chien brun. Il était brun, le chien, Maman. »

J’ai travaillé pour qu’ils développent leurs........

© Le Devoir