RDC et Ebola, un mauvais déjà-vu
En 2014, j’étais la présidente internationale de Médecins sans frontières au moment où l’Ebola a commencé à se multiplier silencieusement dans les forêts de Guinée. En quelques semaines, le virus avait traversé les frontières vers la Sierra Leone et le Libéria : 28 600 personnes infectées, 11 325 décès — l’épidémie d’Ebola la plus dévastatrice jamais observée.
Mardi matin, en regardant les données qui arrivent de la province de l’Ituri en République démocratique du Congo (RDC), j’ai eu un sentiment que je n’aime pas. Celui du déjà-vu. Un mauvais déjà-vu.
En date du 19 mai, on dénombre plus de 500 cas suspects, près de 150 décès, deux cas confirmés en Ouganda dont un décès, et un cas confirmé à Goma. Ces chiffres évoluent d’heure en heure. C’est la 17e épidémie d’Ebola en RDC depuis 1976. Samedi dernier, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché son niveau d’alerte maximal — une urgence de santé publique de portée internationale — pour seulement la huitième fois de son histoire. Le virus en cause est le Bundibugyo ebolavirus : une espèce distincte, rare, peu connue, pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement approuvé.
Les mêmes ingrédients délétères qu’en 2014
En Afrique de l’Ouest, l’épicentre se trouvait à la croisée de trois pays où des populations mobiles se croisaient pour le commerce et le travail. En Ituri, c’est le même schéma : la ville minière de Mongbwalu, une population mobile, les frontières ougandaise et sud-soudanaise à portée de main. Les gens bougent. Le virus bouge avec........
