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Des hôpitaux attaqués après dix ans d’impunité

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02.05.2026

Une attaque inoubliable : le 3 octobre 2015, à 2 h 08 du matin. À Kunduz, en Afghanistan, notre hôpital brûle. Cinq frappes d’un AC-130, méticuleuses et précises, rasent le bâtiment principal du centre de traumatologie de Médecins sans frontières (MSF). Pendant près d’une heure, cinq cycles d’explosions s’abattent sur les salles d’opération, les soins intensifs, l’urgence, la radiologie, le laboratoire. Un hôpital qui fonctionnait 24 heures sur 24, sept jours sur sept, bondé de blessés de guerre.

Cette nuit-là, nous avons alerté tout le monde — les forces spéciales américaines en Afghanistan, le Pentagone, les Nations unies, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Ils avaient nos coordonnées GPS. Personne n’a pu arrêter l’attaque.

Quarante-deux personnes sont mortes. Quatorze membres de notre équipe. Des patients ont brûlé vifs dans leur lit, immobilisés par leurs blessures.

L’enquête américaine a conclu à une erreur à trois niveaux : humaine, technique, opérationnelle. Pas un crime de guerre. Une erreur. Précise.

La résolution 2286, un coup d’épée dans l’eau

Kunduz n’était pas un cas isolé. En 2015, des hôpitaux tombaient sous les bombes en Syrie, au Yémen, au Soudan du Sud. Chaque fois, le même scénario : des déclarations indignées, une enquête interne, une conclusion d’erreur. Et l’impunité totale.

Le 3 mai 2016, la résolution 2286 du Conseil de sécurité de l’ONU sur........

© Le Devoir