menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

L’ascenseur social ne monte plus au Québec

24 0
12.09.2026

Pour reprendre les observations de la Chaire en fiscalité et finances publiques de l’Université de Sherbrooke, les principaux indicateurs utilisés pour mesurer l’évolution et la tendance des inégalités (le coefficient de Gini et l’indice de Palma) pointent dans la même direction. Soit des inégalités moins grandes au Québec qu’au Canada, mais un écart qui tend à croître. Et, globalement, une tendance à la baisse depuis 2000. Mais l’on parle ici d’une mesure basée sur le revenu. Lorsqu’on entre le patrimoine dans l’équation, l’état des lieux devient tout autre.

Le Québec a continué de se distinguer des autres provinces canadiennes pour ses efforts de redistribution de revenus. Florence Jean-Jacobs et Sonny Scarfone, qui occupent tous deux le poste d’économiste principal au Mouvement Desjardins, soulignent dans une étude récente que « les données suggèrent que la consommation reste relativement bien répartie entre les groupes de revenu au Québec, 20 % des ménages aux revenus les plus élevés accaparant environ 29 % de la consommation totale ». Ce constat permet de supposer que le Québec ne présente pas le profil d’une économie polarisée — dite en K —, comparable à celle observée aux États‑Unis, où l’on estime que quelque 60 % de la consommation dépend des 20 % les plus fortunés.

Cela dit, des nuances viennent d’autres indicateurs, particulièrement ceux liés au patrimoine et à son évolution.

D’abord, l’épargne nette. Au Canada, celle qui est dégagée annuellement par les ménages aux revenus les plus élevés a atteint un nouveau sommet en 2025, alors qu’elle s’est contractée chez les ménages composant les trois quintiles inférieurs. Au Québec, « l’écart entre le premier et le troisième quintile de patrimoine représentait l’équivalent d’environ 9 années d’épargne en 1999, contre plus de 20 ans en 2023. Celui entre le troisième et le cinquième quintile est quant à lui passé d’un peu plus de 50 à près de 90 années d’épargne », illustrent les économistes.

Puis, son effet cumulatif mesuré par l’évolution du patrimoine. « C’est sur ce plan que les signaux les plus préoccupants apparaissent », poursuivent les........

© Le Devoir