menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

La normalisation de la souveraineté-association

23 0
09.06.2026

Il y a des phrases qu’on n’entend qu’en anglais et qu’il faut traduire en français pour en mesurer toute la portée. Ces temps-ci, ce qui se dit révèle quelque chose d’étrangement familier que peu semblent remarquer.

Le premier ministre Mark Carney parle volontiers d’un Canada fort et indépendant, capable de tenir tête aux pressions américaines. À New York, il a même répété le slogan de Donald Trump. Un Canada fort, a-t-il lancé devant l’Economic Club, « aidera à rendre sa grandeur à l’Amérique ».

Le Canada doit accroître son autonomie stratégique, s’affirmer et se tenir debout. Mais ce même Canada plus indépendant, précise-t-il aussitôt, restera profondément intégré à l’économie américaine. Les chaînes d’approvisionnement tiendront. Les marchés resteront ouverts. Autrement dit, l’interdépendance survivra à l’affirmation.

En janvier, quand le secrétaire au Trésor américain a qualifié l’Alberta de « partenaire naturel » des États-Unis, Carney s’est empressé de se faire rassurant sur un autre front en affirmant qu’il va de soi que même une Alberta indépendante resterait dans la zone du dollar canadien. Bien sûr qu’il y aurait libre-échange. Autrement dit, bien sûr que les deux économies demeureraient........

© Le Devoir