On ne peut être surpris : le fil rouge du racisme
Les évènements des derniers jours tendent à nous forcer, comme société, à dénoncer le racisme systémique et à se doter des moyens pour éliminer toutes ses formes, indique l’avocate spécialisée dans les droits de la personne, Tamara Thermitus.
Combien de fois ai-je entendu que le racisme appartient au passé, et que les générations futures, élevées dans la diversité, le verront s’éteindre de lui-même ?
Cet argument réconfortant comporte des angles morts. On ne règle jamais un problème qu’on refuse de nommer. Le racisme n’est pas un simple préjugé que la fréquentation suffirait à dissoudre : c’est une architecture de pouvoir. Le nier n’a donc rien de neutre. C’est un déni qui contraint les personnes visées à douter de ce qu’elles vivent, déni qui est en soi du racisme.
Trois évènements survenus au Québec ces dernières semaines le démontrent. On voudra les croire isolés, étrangers les uns aux autres, or ils forment un continuum, du trottoir jusqu’à l’appareil d’État. On aime d’ailleurs leur opposer le racisme caricatural, marginal, haineux. Cette frontière est une fiction commode. Or, le racisme n’a pas besoin de convictions extrémistes pour opérer ; il lui suffit d’habitudes, de silences et d’institutions qui ferment les yeux, qui se bouchent les oreilles pour finalement se taire.
Un après-midi de février, au cœur du Plateau-Mont-Royal, pendant le Mois de l’histoire des Noirs, un adolescent, appelons-le Zack, m’a interpellée avec le mot........
