Le Québec se dirige-t-il vers une polarisation à l’américaine ?
La répartition géographique bien délimitée des différents partis sur la carte électorale à la suite du récent scrutin soulève de l’inquiétude chez le directeur adjoint de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.
Sur la carte électorale qui se dessine au lendemain des élections du 5 octobre dernier, le bleu foncé du Parti québécois domine en dehors de la plupart des grands centres urbains, tandis que le rouge libéral se concentre exclusivement dans la portion sud-ouest de la carte, le long d’un corridor quasi continu allant du sud de l’Estrie à l’Outaouais en passant par Montréal, Laval et la Montérégie.
Le domaine conservateur (dont la couleur n’est pas encore fixée dans notre imaginaire collectif) se déploie au centre de la province, dans un espace délimité par les rivières Saguenay et Saint-Maurice et la frontière américaine. Quant au orange, il faut plisser les yeux pour l’apercevoir dans les petites circonscriptions urbaines qui sont les bastions solidaires. Les partis politiques ont toujours eu leurs « châteaux forts » et ont pu compter sur des régions qui leur sont plus favorables.
Il est rare, voire inusité, que les élections québécoises produisent un paysage aussi nettement divisé, comme si la répartition des sièges était le résultat d’un traité entre les partis et non le résultat d’une élection libre.
La carte qui se dessine n’est pas sans rappeler ces cartes........
