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« Ville des Noirs » : Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, ciblé par un déferlement raciste

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18.03.2026

Élue dès le premier tour à Saint-Denis, la tête de liste LFI-PCF est la cible d’attaques xénophobes. « Nous sommes tout ce que l’extrême droite déteste », réagit-il auprès de « l’Humanité ».

Au lendemain de sa victoire à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko a droit à une pluie de racisme plutôt que de félicitations. Élue au premier tour, le 15 mars, recueillant 50,77 % des voix, la tête de liste LFI-PCF était invitée sur plusieurs plateaux de télévision pour décrypter les raisons de sa victoire. Du moins sur le papier. En réalité, Bally Bagayoko a subi une série d’allégations aux relents racistes de la part des présentateurs et chroniqueurs des chaînes d’information, mais aussi une campagne de disqualification et de calomnie sur les réseaux sociaux, gonflée par l’extrême droite.

Dès dimanche soir, invité à répondre aux questions de LCI en duplex avec Darius Rochebin, Bally Bagayoko martèle une phrase simple à propos de Saint-Denis : « C’est la ville des rois et du peuple vivant. » Une citation du poète Jean Marcenac, à la différence près que ce dernier parle de « rois morts ». Mais il n’en a pas fallu plus à la fachosphère pour entendre une autre phrase.

« Rochebin dit au nouveau maire de Saint-Denis « c’est la ville des rois », il répond « c’est la ville des noirs » ! Où est le racisme ? Cette phrase est terrible par son séparatisme ! » publie Gilbert Collard, ex-député RN, dès lundi matin sur X. Tout comme Jean Messiha, membre de Reconquête, ou Renaud Camus, auteur de la théorie du « grand remplacement ». Un message partagé plusieurs milliers de fois et repris le lendemain par Apolline de Malherbe face à un Bally Bagayoko sommé de s’expliquer d’une phrase qu’il n’a pas dite. « J’avais mal entendu ses propos dimanche soir et j’en suis désolée », a-t-elle depuis déclaré.

« La meilleure réponse que nous pouvons leur apporter, c’est le calme et le résultat des urnes »

Sur les autres plateaux, lundi et mardi, des délires similaires se sont diffusés. Sur BFM TV, mardi soir, le directeur de la rédaction du magazine d’extrême droite Valeurs actuelles, Tugdual Denis, qui a son rond de serviette sur la chaîne de Rodolphe Saadé, est allé jusqu’à sous-entendre que la victoire du candidat avait été obtenue avec l’aide de « narcotrafiquants ». « Vous êtes aux mains de qui ? » lui a-t-il demandé.

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Au même moment, sur CNews, Erik Tegnér, à la tête du média d’extrême droite Frontières, commente les images de Bally Bagayoko célébrant sa victoire et s’imagine voir les blancs demain discriminés. Face à lui, Yoann Usai, « journaliste » de la chaîne, répond : « Ces images à Saint-Denis montrent que nous n’avons plus la capacité d’assimiler. Si bien que ces gens-là prétendent que moi, Français, je ne serais plus chez moi en France. »

Invité sur la chaîne Twitch de l’Humanité, ce mercredi, Bally Bagayoko a répondu avec calme : « Nous sommes tout ce que l’extrême droite déteste. Nous sommes la fierté de la République. Saint-Denis, c’est 150 nationalités différentes. Quand on nous demande dans quelles mains nous sommes, nous répondons : dans celles du peuple. »

« La meilleure réponse que nous pouvons leur apporter, c’est le calme et le résultat des urnes, de la démocratie », a réagi sa colistière PCF, Sofia Boutrih. Dans le même temps, les députés Stéphane Peu (PCF) et Manuel Bompard (LFI) lui ont apporté leur soutien. « Le racisme crasse tranche avec la dignité absolue de Bally Bagayoko », a commenté le dernier.

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