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Les échecs de la « démocratisation culturelle », un prétexte pour moins financer la culture

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13.09.2026

En 2025, le Pass culture, symbole des politiques de démocratisation culturelle d’Emmanuel Macron, a subi un sérieux coup de rabot. Les 300 euros qui étaient alloués aux jeunes de 18 ans pour leurs activités culturelles ont été réduits de moitié. La part destinée aux 15-16 ans a été supprimée et celle des jeunes de 17 ans est également passée de 100 à 50 euros. 

Le motif ? La Cour des comptes, de même que l’Inspection générale des affaires culturelles, a estimé que, dans sa part individuelle, le dispositif ne répondait pas à son objectif de « démocratisation des pratiques culturelles ». Ainsi, en moyenne, 84 % des jeunes âgés de 18 ans et plus ont activé leur pass, mais seulement 68 % parmi ceux des classes populaires.

La même année, le budget consacré à la culture a baissé à l’échelle de l’Etat (de 150 millions d’euros) et dans la moitié des collectivités territoriales et intercommunalités. Auparavant, Laurent Wauquiez, président (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, et Christelle Morançais, présidente (Horizons) de la région Pays de la Loire, avaient opéré des coupes drastiques dans leurs budgets culturels respectifs.

S’attaquer à une culture décrite comme élitiste, voire parisienne, est devenu un argument électoral pour la droite populiste. En d’autres termes, estime Victorien Bornéat, conseiller en la matière en cabinet au sein d’une grande collectivité territoriale et auteur d’un essai stimulant et bien documenté, L’exclusion culturelle. Manifeste pour une riposte populaire (éditions du Faubourg et Fondation Jean-Jaurès, 2026), la culture aurait perdu son « totem d’immunité ». 

A l’origine de ce désamour, l’auteur repère une tension croissante entre « la vie culturelle des gens », d’une part, et « le logiciel culturel de l’Etat, d’autre part, qui privilégie la démocratisation culturelle » – encore elle.

Des évolutions défavorables

Concept fondateur des politiques publiques menées depuis plus de soixante ans, la démocratisation culturelle constitue la visée première du ministère de la Culture tel qu’imaginé par André Malraux en 1959. Il s’agit de « rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus grand nombre de Français », affirme le décret qui l’institue. 

Loin de promouvoir des pratiques populaires, localement enracinées, la politique culturelle vise donc, à l’origine, à « substituer une culture universelle à “l’esprit de province” », explique le sociologue Philippe Urfalino . 

Ce qui revient à aménager des espaces de rencontre entre les chefs-d’œuvre et le public, lequel est censé ressentir, à leur contact, selon Malraux, un « choc électif ». Cette ambition a doté la France d’un important maillage territorial de musées nationaux, centres nationaux d’art........

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