« C’est la première fois que mon âge pose problème » : la galère des femmes ni en emploi, ni à la retraite
La surreprésentation des femmes parmi les seniors « ni en emploi, ni à la retraite » est le reflet des inégalités subies tout au long de la carrière. Et les dernières réformes des retraites ont encore dégradé la situation.
« C’est la double peine : d’un côté, je subis le fait de ne plus exercer aucune activité. De l’autre, d’être financièrement dépendante de mon mari », soupire Claire1.
Depuis que la soixantenaire a quitté Paris, et son CDI de graphiste, pour s’installer dans le sud de la France il y a huit ans, « c’est la galère » : « J’ai naïvement cru que j’allais trouver facilement un poste ou des missions de graphisme en autoentrepreneure. » Elle a certes signé quelques contrats, mais ce n’est pas suffisant pour en vivre.
« J’ai touché le chômage, puis l’allocation spécifique de solidarité2. Mais depuis deux, trois ans, je n’ai plus rien. Je pioche dans les économies et compte sur la pension de mon époux. Pourtant, j’ai cherché du travail dans d’autres domaines, j’ai des dossiers remplis de candidatures. C’est la première fois que je me dis que mon âge peut poser problème… »
Claire, qui va souffler ses 62 bougies fin mars, ne peut pas non plus compter sur ses indemnités de retraite. Elle devait partir à taux plein au 1er avril 2026, « mais la réforme Borne…
« C’est la double peine : d’un côté, je subis le fait de ne plus exercer aucune activité. De l’autre, d’être financièrement dépendante de mon mari », soupire Claire1.
Depuis que la soixantenaire a quitté Paris, et son CDI de graphiste, pour s’installer dans le sud de la France il y a huit ans, « c’est la galère » : « J’ai naïvement cru que j’allais trouver facilement un poste ou des missions de graphisme en autoentrepreneure. » Elle a certes signé quelques contrats, mais ce n’est pas suffisant pour en vivre.
« J’ai touché le chômage, puis l’allocation spécifique de solidarité2. Mais depuis deux, trois ans, je n’ai plus rien. Je pioche dans les économies et compte sur la pension de mon époux. Pourtant, j’ai cherché du travail dans d’autres domaines, j’ai des dossiers remplis de candidatures. C’est la première fois que je me dis que mon âge peut poser problème… »
Claire, qui va souffler ses 62 bougies fin mars, ne peut pas non plus compter sur ses indemnités de retraite. Elle devait partir à taux plein au 1er avril 2026, « mais la réforme Borne [qui a allongé l’âge de départ, NDLR.] m’a volé près d’un an », déplore-t-elle. Et ce, même avec la suspension de la réforme qui vient d’être votée. Résultat, Claire fait partie des « ni en emploi, ni à la retraite », ou NER dans le jargon.
Carrières féminines hachées
En 2021, 16 % des 55-69 ans connaissaient cette situation de chômage ou d’inactivité sans percevoir de pension. Depuis 2014, cette part a crû de deux points et touche particulièrement les personnes entre 60 et 62 ans, ainsi qu’entre 65 et 67 ans.
L’augmentation de l’âge de départ, avec les différentes réformes des retraites, a assurément joué un rôle dans cette évolution.
« Il est........© Alternatives Économiques
