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Grève des carburants : « Pour le moment, les syndicats ne cherchent pas la confrontation »

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01.06.2017

ENTRETIEN avec Dominique Andolfatto, professeur à l’Université de Dijon, spécialiste de la CGT, coauteur de Syndicats et dialogue social (éditions Peter Lang).

Membre de la CGT en grève devant l’entrée de la raffinerie Total à Donges (44) le 31 mai 2016. / Loic Venance/Afp

La Croix : En lançant un mouvement de grève qui a provoqué des pénuries dans les stations-service, la CGT cherchait-elle à envoyer un message au nouveau gouvernement ?

Dominique Andolfatto : Ce mouvement est avant tout un mouvement circonstanciel, catégoriel, né dans un secteur particulier pour des raisons particulières. Pour autant, il est vrai que cette grève s’est produite dans un contexte particulier, celui de mouvements dans le paysage politique mais aussi syndical. L’atmosphère à la CGT est bouillonnante depuis plusieurs années. La tentation radicale a été réactivée et l’organisation se voit bousculée par la CFDT qui lui a ravi son leadership.

Ce contexte peut générer chez certains une certaine impatience, mais il ne faut pas croire qu’à la CGT, il suffit à la direction de presser un bouton pour déclencher une grève ici ou là. Le mouvement des transporteurs reste donc un mouvement local, même si on peut penser que la direction n’a pas été fâchée de voir cette action prouver qu’il y a encore des forces capables de se mobiliser.

Dans un syndicat comme la CGT, les fédérations décident-elles seules de leurs actions ou celles-ci sont-elles forcément coordonnées avec la direction nationale ?

Dominique Andolfatto : Vu de l’extérieur, la CGT apparaît comme un mouvement solide, centralisé et monolithique. En réalité, c’est tout le contraire. C’est une........

© La Croix