Une bannière en hommage à Georges Vézina? |
Il y a 100 ans aujourd’hui, le légendaire Georges Vézina mourait de la tuberculose, à l’âge de 39 ans. Le gouvernement Legault profitera de l’occasion pour désigner personnage historique du Québec le pionnier de la lignée des grands gardiens du Canadien. La cérémonie se tiendra dans l’arrondissement de Chicoutimi où Vézina a vu le jour.
Cette nomination tout à fait légitime place le Canadien devant un incontournable. Le moment est en effet venu que la direction répare une erreur historique qui aurait dû être corrigée il y a longtemps.
Une bannière frappée du numéro 1, en hommage à Georges Vézina, devrait être hissée dans les hauteurs du Centre Bell. Je ne pense pas qu’un tel geste froisserait la famille de Jacques Plante, qui a eu droit à cette reconnaissance en 1995, soit près d’une dizaine d’années après sa mort.
Deux chandails portant le même numéro sont déjà retirés en l’honneur de deux gloires du passé. Il s’agit du numéro 5 qui a été immortalisé par Bernard Geoffrion et Guy Lapointe et du numéro 16 qu’ont endossé avec distinction Henri Richard et Elmer Lach.
Le premier homme de fer du hockey
Fait notoire, Vézina a chaussé les patins pour la première fois à l’âge de 16 ans (1903).
Le 17 février 1910, alors qu’il évolue avec une équipe de sa ville natale de Chicoutimi, il blanchit le Canadien dans un match de démonstration. En décembre de la même année, il signe son premier contrat avec le Tricolore pour un salaire de 800 $.
Le Canadien, dont c’est la deuxième saison d’existence, fait partie de l’Association nationale de hockey. Vézina ne ratera aucune rencontre pendant sa carrière professionnelle, disputant 367 matchs consécutifs en 16 saisons, avant que la maladie ne le force à mettre ses jambières de côté.
L’histoire raconte qu’il a développé un style debout dont se sont inspirés la plupart des gardiens pendant plusieurs décennies. Il fut des deux premières éditions championnes de la Coupe Stanley, la première en 1916 dans l’ANH et la deuxième en 1924 dans la LNH.
Aux côtés de Louis Cyr et du Rocket
Vézina devient la troisième figure sportive québécoise à être décorée du titre de personnage historique du Québec. Le premier fut Louis Cyr, reconnu comme l’homme le plus fort de sa génération à travers le monde, dans les dernières décennies du 19e siècle.
En mai dernier, ce fut au tour de Maurice Richard d’être sacré personnage historique. Une plaque commémorative à cet effet a été installée à l’extérieur du Centre Bell, il y a une dizaine de jours.
Tout comme le Rocket, Vézina a un trophée portant son nom dans la Ligue nationale de hockey. Le prix est décerné chaque année au meilleur gardien du circuit choisi par les directeurs généraux du circuit.
Le trophée Maurice-Richard est remis, quant à lui, au premier buteur du circuit.
Les deux font partie du club sélect des 100 meilleurs joueurs du premier siècle d’existence de la LNH.
C’est le cas d’ailleurs pour 17 des 18 joueurs dont les chandails ne sont plus en circulation, la seule exception étant Émile « Butch » Bouchard dont le numéro 3 a été immortalisé 53 ans après son dernier match dans la LNH.
Toe Blake le mérite aussi
Le Canadien pourrait faire d’une pierre deux coups en rendant justice aussi à Toe Blake.
Ailier gauche de la célèbre Punch Line qui le réunissait à Maurice Richard et à Elmer Lach, Blake a été intronisé au Panthéon du hockey en qualité de joueur et non au titre du grand entraîneur qu’il a été aussi.
À sa retraite en 1948, il se classait au deuxième rang des marqueurs de l’histoire de la LNH. Il a remporté le championnat des marqueurs et le titre de joueur le plus utile à son équipe en 1939. De plus, il a occupé le rôle de capitaine du Tricolore de 1940 à 1948.
Le numéro 6 est libre depuis le départ de Shea Weber, parti à la retraite au terme de la saison 2020-2021.
En retirant ces deux numéros, les grands joueurs qui ont contribué à bâtir la dynastie pendant son premier demi-siècle d’existence auraient la place qui leur revient au Centre Bell.