Le Canadien est encore une banane verte
Même dans une fondue au chocolat, une banane encore verte, ce n’est pas bon.
Coupée en rondelle, elle peut avoir l’air succulente, mais c’est de la frime.
Comme le Canadien. Le fruit n’est tout simplement pas mûr.
Je perçois que plusieurs partisans aimeraient croquer dedans tout de suite, mais je vous le dis, ça va goûter mauvais.
C’est pourquoi il n’y a pas grand-chose qui me déçoit présentement avec le CH.
Au contraire. En attendant que le fruit soit mûr, c’est vraiment emballant, ce qui se passe.
Et si on vous avait dit que...
Si je vous avais dit, avant le début de l’année, que le Canadien allait avoir 10 points de plus que l’an dernier, à la même date. Vous auriez été contents ?
Et si je vous avais dit que l’équipe allait réussir tout ça sans que les gardiens volent de match. Vous m’auriez cru ?
Je comprends que c’est plate, la défaite à Detroit. Et le 0 en 2 le week-end dernier.
Mais prenons un peu de recul pour constater que c’est loin d’aller mal.
Le Canadien n’a en plus pas sacrifié grand-chose. L’organisation aura beaucoup d’argent à la fin de l’année pour faire des emplettes et sortir des boulets.
Montréal a grimpé de 15 points au classement l’an dernier. Cette année, l’équipe a un rythme pour grimper de 10 et atteindre les 101 points.
Ce sera quoi l’an prochain ? Si vous croyez que ça pourrait régresser, c’est que vous êtes un fan frustré des Nordiques.
Je pense que le Canadien va prendre un autre grand pas l’an prochain. Un attaquant pour le top 6 risque de débarquer. Les gardiens, ça risque de mieux aller. Aucun joueur d’impact ne risque de ralentir. Au contraire, plusieurs seront encore meilleurs.
Pour la fin de saison, je ne suis pas si inquiet. Je ne trouve pas que le CH joue mal. Hier, les Islanders n’ont pas lancé au but lors des 17 dernières minutes du match. Si ça arrivait avec le Canadien, là je serais inquiet.
St-Louis, le coach et non l’enseignant
J’ai bien aimé voir Martin St-Louis en colère contre certains de ses joueurs jeudi soir. Il peut et doit d’abord coacher, plutôt qu’enseigner. Ç’a longtemps été l’inverse depuis son arrivée avec le Canadien.
J’ai aimé le voir bête comme ses deux pieds après le match avec les médias. Je n’ai aucun problème avec un coach bête. J’en ai avec les coachs qui manquent de respect envers les médias, c’est différent. Ça ne lui tentait pas de parler aux journalistes. Mais il est allé à leur rencontre et a répondu à toutes les questions quand même.
Ce sera intéressant de le voir gérer son banc, changer ses lignes et asseoir des joueurs durant cette course aux séries.
Le côté sombre des 40 buts de Caufield
Il y a quelque chose de pas si glorieux dans l’ampleur de la réussite de Cole Caufield. C’est que ça faisait 32 ans à Montréal. Quand Vincent Damphousse l’a fait, je portais une couche. Là, mes enfants ne portent plus de couches.
Parmi les 32 clubs de la LNH, vous pensez qu’il y en a combien pour lesquels ça faisait autant d’années ? Pas un maudit. La deuxième pire équipe, ce sont les Coyotes de Phoenix-Utah avec Keith Tkachuk, il y a 30 ans.
Si ça ne vous dérange pas de vous consoler en vous comparant avec cette franchise, grand bien vous fasse. Moi, je trouve ça un peu insultant pour les partisans du CH. La troisième pire équipe, ce sont les Sénateurs, ça fait 18 ans (Dany Heatley). Là, j’avais 20 ans. Je m’en souviens pas mal plus que de Vincent Damphousse. Pour 22 des 32 équipes, ça faisait moins de quatre ans.
Autrement dit, y’était temps ! C’est comme si les Yankees n’avaient pas eu de bons frappeurs de circuits durant 32 ans. Ç’aurait été un peu gênant.
