Il faut être cinglé pour faire ce sport |
MILAN | À chaque virage du patinage courte piste que je vois, j’ai peur que quelqu’un se tue.
En 1990, Christine Boudrias s’est fait couper une fesse et une artère par le patin d’Isabelle Charest. Boudrias a perdu beaucoup de sang et a subi un arrêt cardiaque. Elle s’en est sortie.
En 2000, l’Australien Steven Bradbury s’est fracturé le cou après être rentré tête première dans les matelas.
En 2014, le Québécois Pascal Dion s’est fait entailler le dos par une lame. Il a perdu un litre de sang. Même un muscle de son dos était coupé.
Je pourrais continuer cette liste difficile à écrire. Mais je pense que vous avez compris mon point.
Ce n’est pas juste la vitesse qui rend ce sport spectaculaire. C’est aussi que ça fait gladiateur. On se demande si tout le monde finira la course sur ses deux patins.
Pour mieux comprendre ce jeune sport qui a fait son entrée aux Jeux olympiques en 1992 et qui connaît un énorme essor partout dans le monde, j’en ai parlé avec deux kings de la discipline: Steven Dubois, qui a gagné sa quatrième médaille olympique, à Milan, mardi, ainsi que François Hamelin, médaillé d’or à Vancouver et frère de Charles.
Les deux n’hésitent pas quand je leur demande s’il s’agit d’un sport extrême.
«Définitivement, répond Dubois, à qui j’ai parlé plus tôt cette semaine. On va à 55 km/h, on a des lames super aiguisées et notre sport, c’est un peu de chercher le contact en se mettant dans des positions dangereuses.»
J’ai eu très peur pour lui d’ailleurs. Il a chuté violemment mardi, lors de l’épreuve du 1000 mètres, après un contact.
Des mesures de sécurité ont été mises en place au fil des années pour protéger les........