Montembeault n’a jamais été le plan A
Si j’ai tort, il faudra de très bons arguments pour m’en convaincre : Samuel Montembeault n’a jamais été le plan A des architectes du Canadien, Jeff Gorton et Kent Hughes.
Au mieux, il représente une solution de transition en attendant « l’envoyé ». Et pour la haute direction, cet envoyé porte un nom : Jacob Fowler.
Ce n’est pas nouveau.
Dans les cercles bien renseignés, on savait déjà qu’au départ de la saison 2023-2024, l’homme de confiance du tandem Gorton–Hughes, c’était Cayden Primeau.
Montembeault a pourtant bousculé les plans.
En disputant la moitié des matchs la saison dernière — l’autre moitié étant répartie entre Primeau et Jake Allen — il a imposé sa présence dans un ménage à trois qui a duré jusqu’à la dernière minute avant la date limite des transactions, lorsqu’Allen a quitté vers le New Jersey.
Le CH lui a alors offert un contrat de trois ans et un peu plus de 9 M$, faisant de lui un numéro un... de transition.
Transition qu’il a explosée en règles : 62 matchs, 31 victoires, 2,80 de moyenne, .902 d’efficacité.
Et avant de se blesser en séries contre Washington ? Une moyenne de 2,76 et un pourcentage de .908, deux sommets personnels enregistrés sous pression.
Malgré cette feuille de route, Martin St‐Louis, dès le camp d’entraînement, refuse d’identifier Montembeault comme son gardien numéro un. Pourquoi ? Personne ne le sait. Sauf peut-être le coach... et ses patrons.
Les décisions d’octobre allaient dans le même sens : après huit matchs, Montembeault et Jakub Dobeš avaient chacun quatre départs.
« Monty » affichait deux victoires et deux défaites. Dobeš ? Invaincu.
Le départ canon du jeune tchèque justifiait sa présence. Mais on aurait pu — on aurait dû — donner plus de chances à Montembeault de retrouver ses repères.
La chaîne a complètement débarqué à Edmonton, le 25 octobre : six buts accordés sur 29 lancers, dont trois en troisième période. Défaite de 6 à 5.
Et dès lors, la pente s’est faite glissante.
Montembeault a-t-il tout fait pour garder son filet ? Non.
Aurait-il été normal de lui accorder le privilège de son statut acquis l’année précédente ? Oui.
On en revient à la question : pourquoi ?
Parce que Montembeault n’a jamais vraiment figuré dans les plans hockey de la direction.
On lui préférait Primeau, qui s’est depuis sorti de l’équation sans jamais approcher les attentes.
Le contrat à Montembeault ? Une sécurité minimale dans une reconstruction, donné presque par défaut.
Et malgré son excellente saison, tout indique que la campagne actuelle a été conçue autour d’un objectif : faire graduer Jacob Fowler autour de la date limite des transactions.
Les mauvaises performances de Montembeault ont évidemment facilité ses deux rappels.
Mais sinon... pourquoi le CH aurait-il mesuré l’intérêt de Marc-André Fleury à sortir de la retraite avant les Fêtes ? À moins qu’il existait bel et bien un plan visant à échanger Montembeault.
Des sources crédibles avancent d’ailleurs qu’il a figuré dans certaines discussions en marge de la date limite.
Montembeault veut rester à Montréal. Longtemps. Même comme second à Fowler. Mais son entourage, lui, préférerait le voir partir, loin des critiques sévères — trop sévères — du marché montréalais.
Comment croyez‐vous qu’il s’est senti, en parfaite santé, lorsqu’on lui a annoncé le rappel de Fowler ?
Probablement aussi mal que Dobeš, qui a toutes les raisons d’être inquiet.
L’an dernier, « Monty » était tellement « hot » qu’on lui a donné dix départs de suite.
Et aujourd’hui, Dobeš ne serait pas jugé assez solide pour jouer deux matchs en deux soirs en pleine lutte aux séries ?
Trop d’indices pointent vers une même direction : le plan initial de la saison était de faire de Jacob Fowler le gardien de confiance de la dernière ligne droite et des séries 2026.
Et à voir les plus récentes décisions, ce plan semble bel et bien en marche.
