menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Le jeu de séries échappe encore au CH

26 0
10.03.2026

La saison du Canadien se déroule à merveille. L’équipe fonctionne comme un métronome. 

11-7-3 et 25 points dans le premier quart   ;

12-6-3 et 27 points dans le deuxième   ;

11-5-4 et 26 points dans le troisième, qui se termine ce soir face aux Maple Leafs.

Difficile de demander mieux en matière de constance. Le Tricolore est meilleur que l’an dernier parce qu’il est plus stable et évite les longues séquences de défaites.

Mais la question demeure : la manière y est-elle ?

Trop de matchs où « la chaîne débarque »

À 44 reprises en 62 matchs, l’équipe de Martin St-Louis a été impliquée dans des rencontres décidées par trois buts ou plus. Autrement dit, sept matchs sur dix où l’un des deux clubs explose complètement.

C’est énorme... et inquiétant.

C’est le type de fluctuations qu’on voit chez une équipe jeune, talentueuse mais encore immature, qui pratique un jeu ouvert axé sur l’attaque. Exactement le genre de club qui, sans des superstars comme Connor McDavid ou Leon Draisaitl, s’écrase rapidement en séries.

Et encore — même les Oilers ont profité de la faiblesse de la division Pacifique pour atteindre le carré d’as. Le Canadien, lui, n’a pas ce luxe dans l’Atlantique.

Les séries se gagnent dans le jeu serré, robuste, où l’espace disparaît et où l’engagement doit être total.

Quand les matchs sont décidés par deux buts ou moins, le CH affiche 9 victoires et 9 défaites. L’équipe joue pour .629 cette saison, mais tombe à .500 dès que ça se resserre.

Même constat dans les matchs réglés par un seul but en temps réglementaire : 5 victoires, 5 défaites.

Pourquoi insister sur les matchs réglés en 60 minutes ? Parce qu’en séries, la prolongation se joue à cinq contre cinq, pas à trois contre trois.

Spectaculaires... mais pas encore prêts pour « la vraie game »

Le Canadien progresse vite. Le talent est là, en quantité et en qualité, du jamais vu à Montréal depuis plus d’un quart de siècle.

Mais ces jeunes joueurs ont encore du mal lorsque vient le temps de jouer la vraie game de séries : les matchs qui se décident au pouce près.

La victoire à Los Angeles le prouve : en séries, une chance de marquer sur un tir sur réception après une passe transversale de 65 pieds, ça n’arrive pratiquement jamais. Le CH a arraché deux points sur un but spectaculaire signé Slafkovský et Suzuki... mais ce genre d’opportunité disparaît au printemps.

Que fera l’entraîneur d’ici la fin du calendrier ? Va-t-il insister avec son système défensif hybride, qui ouvre la porte à des occasions premium pour l’adversaire ? Ou exigera-t-il enfin un sacrifice défensif en unité de cinq, plus de patience en attaque et un engagement irréprochable lorsqu’il faut protéger une avance ?

Il n’est jamais trop tard pour apprendre à gagner des matchs à bas pointage. C’est un passage obligé pour bâtir un club champion.

Montembeault et Dobes reçoivent des volées de critiques sur les réseaux sociaux. Ils en portent une partie, certes.

Mais une autre part revient aux joueurs devant eux, incapables d’exécuter les exigences systémiques de Martin St-Louis. Les deux gardiens paraîtraient beaucoup mieux derrière une structure défensive plus resserrée.

Est-ce en constatant ces lacunes que Gorton et Hughes ont choisi de ne rien payer cher à la date limite pour améliorer l’équipe ?

Peut-être se sont-ils dit que tant que Martin St-Louis tiendra à son système actuel, aucun défenseur droitier disponible ne pourrait empêcher une élimination hâtive ce printemps.

La poussière retombée, le message entre les lignes semble clair : les architectes ont choisi de laisser passer la parade 2026 et de s’en remettre au métronome de l’espoir, pour reprendre les mots de Richard Desjardins.

Tout est politique, ne l’oublions pas.


© TVA Sports