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La lente déchéance de notre sport national

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19.02.2026

Ma prédiction était claire dès le départ : « Le Canada va gagner l’or en hockey masculin. » Et plus cette équipe grandiose sautait sur la glace italienne, plus j’étais conforté dans cette première impression. 

On est pourtant passés bien près d’une deuxième catastrophe olympique en sol italien. Un autre coït interrompu en quarts de finale, comme ce fut le cas à Turin en 2006.

Heureusement, il y avait Nick Suzuki, le capitaine du Canadien. Le même Suzuki que les pourfendeurs du Canada anglais reléguaient dans les gradins pour le match sans lendemain de mercredi matin... Celui que je défendais en répétant qu’il avait en réserve un but colossal – du genre qui crée l’égalité ou donne la victoire.

Nick n’a eu besoin de personne pour « scraper » quoi que ce soit : il a marqué un but de pur talent. Et Mitch Marner en a rajouté dans l’assiette de douleur ontarienne avec un but anthologique en prolongation.

Hélas, la blessure de Sidney Crosby assombrit cette avancée canadienne vers la ronde des médailles. Souhaitons le mieux pour le plus grand ambassadeur du hockey au monde.

La meilleure équipe jamais assemblée ?

Avant le match du jour, j’affirmais que oui, malgré le rappel à l’ordre de mon ami André Tourigny qui me rappelait la liste incroyable de talents réunis à Salt Lake City en 2002.

Mais quand ta ligne de centre se lit : McDavid – MacKinnon – Crosby – Horvat, il devient difficile de ne pas placer cette formation tout en haut de l’Olympe.

Admettons qu’on refuse de faire un maître et qu’on déclare les éditions 2002 et 2026 à égalité.

Admettons aussi que la logique soit respectée et que le Canada revienne de Milan couvert d’or.

Je présume déjà le concert de gorges chaudes du R.O.C., qui trop souvent trouve écho au Québec.

Sans gêne – puisqu’ils n’en ont pas l’habitude – certains dirigeants d’ici risquent d’utiliser l’or olympique 2026 comme réplique à ceux qui, comme moi, affirment que notre structure de développement est à bout de souffle et mérite une réforme en profondeur. Un principe élémentaire : aucun Québécois ne joue pour le Canada cette année.

Pour cette seule raison, une élimination hâtive – une exclusion du match de la médaille d’or – aurait peut-être été souhaitable, même si comme tout le monde je ne souhaite pas un tel scénario.

Un système en décadence

Le Canada a été pulvérisé dans le développement de ses jeunes talents. Une déchéance lente, mais certaine, alors que des nations beaucoup moins populeuses – mais plus inclusives – nous dépassent. C’est encore plus vrai au Québec, où les infrastructures sont désuètes et où rien n’a encore été fait pour redonner notre sport national aux enfants les plus pauvres.

Ces deux points sont centraux dans le rapport sur l’état du hockey mineur québécois.

Si quelqu’un tente de vous convaincre qu’aucun problème sérieux n’existe, qu’au contraire tout va bien et que des mesures importantes sont prises pour que le Québec retrouve sa place sur l’échiquier mondial du hockey, vous pourrez lui répondre ceci : si tout allait si bien, on n’aurait pas créé deux comités en moins de 15 ans pour réfléchir, encore, aux États généraux d’un hockey malade.

Un hockey malade... et avec lui une large part de notre jeunesse.

Go Canada Go. Tant mieux si c’est l’or.

Aussi brillantes que seront les médailles, elles ne réussiront pas à m’aveugler.


© TVA Sports