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Le Québec doit se doter d'une loi

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14.03.2026

L’engagement du jeune Liam Tep avec l’ancienne agence de Kent Hughes, Quartexx, à l’âge de 12 ans illustre une tendance grandissante dans le hockey mineur : les agents qui courtisent désormais des joueurs de plus en plus jeunes.

Hockey Québec doit faire des représentations auprès du gouvernement provincial afin qu’une loi soit adoptée interdisant aux agents d’approcher les jeunes avant un certain âge, exactement comme ce qui se fait en Suède.

J’ai lu les commentaires du directeur général de Hockey Québec Stéphane Auger, dans le cadre de ce dossier. Il mentionne qu’il s’agit d’un phénomène « difficile à contrôler » et pour lequel la fédération a peu de leviers.

Je comprends sa réponse et j’aurais probablement dit la même chose, si j’avais été à sa place. Mais dans les faits, ce que Hockey Québec peut et doit faire, c’est travailler avec le gouvernement afin de mettre en place une loi.

Pas un règlement, une loi !

Noir sur blanc, avec des pénalités sévères.

Certains vont me trouver fou d’affirmer une telle chose, que le gouvernement n’a pas à s’ingérer dans ce dossier et qu’on doit laisser les affaires aller.

C’est justement ça, le problème. On a laissé les affaires aller et voici ce qui est arrivé : le marché et l’appât du gain ont pris le dessus sur le gros bon sens. En ce moment, tu parles aux agents et ce n’est pas leur faute. Puis, tu parles aux parents et ils répondent la même chose.

À un certain moment, il faudra légiférer, pour protéger les gens contre eux-mêmes, contre leurs propres ambitions.

Une responsabilité parentale

Ceci étant dit, qu’une loi soit adoptée ou pas, il en revient aux parents de se questionner sur leur responsabilité individuelle.

Parce qu’en bout de ligne, c’est quoi, la responsabilité du parent ? Est-ce que c’est d’aller reconduire son enfant à l’aréna et de lui fournir tous les outils possibles dans l’espoir qu’il atteigne la LNH un jour ?Quand tu inscris ton enfant dans un sport, quelles sont tes attentes ? Qu’il atteigne les Olympiques ? Qu’il fasse un jour partie de l’équipe nationale dans sa discipline ?

Si vous êtes un parent et que vous avez répondu par l’affirmative à l’une ou l’autre de ces interrogations, j’aimerais que vous vous posiez la question suivante : est-ce qu’il a droit à son enfance, votre enfant ? Se peut-il que tout ce qu’il veuille, c’est d’aller jouer avec ses amis à un sport qu’il aime, le tout dans le simple but d’avoir du plaisir ?

La crème va finir par remonter

Le cas du jeune Liam Tep est un cas à part, en raison d’un talent qu’on dit au-dessus de la moyenne des jeunes de son âge.

Mais ce n’est absolument garant de rien.

Avouez qu’en grandissant, vous avez déjà joué avec un joueur qui était tellement dominant que vous vous êtes dit que c’était sûr qu’il jouerait professionnel un jour. Ça m’est arrivé et je suis persuadé que, vous aussi.

Ce joueur en question, il est où, présentement ?

Le hockey est un sport à développement tardif et une multitude de facteurs vont influencer le développement d’un athlète en vieillissant.

J’ai toujours dit qu’il était plus important de réussir par le sport que réussir dans le sport. Si tu combines les deux, c’est tant mieux, mais tu fais partie d’une très, très faible minorité.

Mais le sport, à la base, c’est une école de vie. Il permet aux jeunes d’apprendre dans l’adversité et à développer des atouts qui lui seront utiles pour le reste de sa vie, notamment la discipline et le leadership.

En bout de ligne, si tu es assez bon dans ton sport, ils vont finir par te trouver. Avant ça, c’est le plaisir qui doit l’emporter sur tout.

La business, ça viendra plus tard.

- Propos recueillis par Kevin Dubé


© TVA Sports