Chris Duncan et le sentiment d’imposteur |
L’Écossais Chris Duncan présente une fiche de six victoires et un seul revers dans la très relevée division des poids légers de l’UFC. En quête d’un cinquième gain consécutif, il s’apprête à disputer sa première grande finale dans l’organisation contre le vétéran Renato Moicano, un combat qui pourrait lui permettre d’intégrer le top 10 mondial.
On pourrait penser que pour obtenir un tel succès, un combattant doit déborder de confiance et avoir une foi inébranlable en son talent et ses moyens. Mais pour Duncan, sa conviction d’appartenir à l’élite mondiale est plutôt récente. Son sentiment d’imposteur l’a quitté il y a un an, exactement.
« Après mon combat contre Jordan Vucenic (22 mars 2025), j’ai été extrêmement fier de ce que j’ai accompli, puisque j’ai traversé énormément d’adversité », raconte-t-il.
« Ça m’a donné une seconde vie. Je me sens désormais pleinement à ma place à l’UFC et c’est un sentiment que je n’avais pas en début de carrière. »
Depuis cette victoire par soumission au 2e round, Duncan a remporté deux autres combats : une véritable guerre contre Mateusz Rebecki, en août, et un étranglement anaconda au 1er round face à Terrence McKinney, en décembre.
Avec quatre victoires consécutives, dont trois avant la limite, il était donc logique qu’il obtienne un combat contre un gros nom de la division.
« C’est juste une autre journée au bureau », assure-t-il toutefois, terre-à-terre.
« Cette opportunité s’est présentée grâce à mes bonnes performances, et c’est exactement ce que je cherchais. Ce n’est donc pas une surprise. »
« Honnêtement, je suis quelqu’un d’humble. J’ai traversé beaucoup d’épreuves dans ma vie, des problèmes familiaux traumatisants, entre autres. Tout ça te ramène les pieds sur terre. [...] C’est bien de pouvoir montrer mes compétences, montrer aux gens qui je suis. J’espère qu’ils deviendront fans en voyant mes performances et mon attitude durant le combat. »
Lorsqu’il parle des épreuves qu’il a dû traverser, Duncan fait notamment référence au décès de sa mère, assassinée en 2014. Sans-domicile et aux prises avec de graves problèmes de toxicomanie, il ne lui restait qu’une seule possession à son décès : sa bague de mariage. Duncan l’a récupérée et la porte constamment autour de son cou en souvenir de sa mère disparue.
Deux coéquipiers croisent le fer
L’équipe American Top Team est de loin celle qui compte le plus de combattants de l’UFC dans ses rangs. Ce n’est donc pas inédit que deux coéquipiers du fameux gymnase floridien croisent le fer sur la plus grande scène du sport et ce sera le cas, une fois de plus, lors du combat entre Duncan et Moicano.
« Honnêtement, je m’en fiche complètement », assure l’Écossais qui a déjà affronté un coéquipier par le passé.
« Comme je suis déjà passé par là, j’ai ressenti toutes les émotions possibles par rapport à ça. On va se battre samedi soir, puis on s’enlacera et on restera amis après. C’est strictement professionnel. »
Vétéran de 19 combats à l’UFC, Moicano est un spécialiste du jiu-jitsu brésilien qui a récolté la moitié de ses victoires professionnelles par soumission.
« Il va essayer de me mettre au sol, et moi je vais essayer de lui arracher la tête ! C’est aussi simple que ça », répond Duncan lorsque questionné sur ses attentes face au combat.
Moicano devra toutefois respecter le jeu au sol de son adversaire puisque trois des quatre dernières victoires de Duncan ont été acquises par soumission. L’Écossais explique que cette amélioration en jiu-jitsu résulte d’une nouvelle approche adoptée à l’entraînement.
« Au gymnase, je me fais souvent demander d’aider d’autres combattants dans leur préparation. Je m’entraîne donc avec tout le monde. Je progresse globalement, au lieu de penser à Moicano 24 heures sur 24. »
À quelques jours du plus important combat de sa carrière, Duncan démontre une confiance inébranlable. Et avec une victoire, il sera impossible de remettre en doute sa place parmi l’élite mondiale des poids légers.
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