Qu’est-ce qui se passe avec Kaiden Guhle?

Ça fait quelques semaines, pas seulement quelques matchs, que Kaiden Guhle est beaucoup moins impliqué. Depuis le retour de la pause olympique, en fait.

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Je trouve le défenseur du Canadien moins efficace. Il manque d’engagement, il hésite. Ça cache peut-être une blessure.

Mais il reste qu’il se passe quelque chose avec Guhle, et que ç’a mené au dernier but des Ducks d’Anaheim, dimanche, contre le Canadien.

Guhle pouvait être le premier sur la rondelle, mais il a laissé passer le joueur. Il aurait pu prendre une mise en échec pour faire le jeu, mais non. Et c’est arrivé à un mauvais moment, alors qu’il restait moins de 10 minutes au match. C’est là qu’il faut faire des sacrifices, payer le prix et surtout ne pas faire de compromis.

Alors qu’avant les Jeux, c’était un gars impliqué, qui n’avait pas peur, quitte à ce que ce soit dangereux pour lui.

Et c’est problématique, sa façon de jouer dernièrement, parce qu’il se fait confier des missions défensives contre de bons joueurs, qui sont capables d’exécuter. Comme dimanche, face à Cutter Gauthier.

Sa baisse de régime des deux ou trois dernières semaines commence à être inquiétante pour le Canadien. À ce moment-ci de la saison, la rapidité augmente. Le jeu devient plus physique et l’espace devient plus restreint.

Tu ne peux plus avoir dans ta formation des joueurs qui soulèvent des interrogations, à savoir s’ils vont être capables de performer. Et surtout pas quand ces joueurs ne faisaient pas partie de cette conversation-là avant.

Au contraire, ces gars-là, c’est le moment où ils doivent se transformer en guerriers. Ça m’inquiète.

Après les deux défaites du week-end, Martin St-Louis a parlé du manque d’exécution de son équipe.

Mais c’est dur d’exécuter quand tu n’as pas d’engagement et que tu ne joues pas de façon simple.

Parce que si tu joues de façon simple, la rapidité augmente et la lecture des jeux est plus facile pour tout le monde. C’est à ce moment que tu peux commencer à tenter des jeux un peu plus compliqués.

Mais un match, ça ne peut pas juste être un mélange de jeux compliqués.

Et il y a des moments dans un match où c’est moins grave si l’exécution n’est pas parfaite, tant que tu as de l’engagement. Parce que dans ces cas-là, tu peux au moins te rabattre sur certains points positifs. Quand le joueur y est allé à fond, par exemple.

Dans chaque équipe pour lesquelles j’ai joué, quand on commençait à juste tenter des passes compliquées, ça ne finissait jamais bien...

Guhle, lui, commence à accumuler les jeux risqués.

On va lui laisser le temps de se replacer : une saison, ce n’est jamais totalement parfait. Sauf qu’il y a des voyants qui sont passés au rouge au mauvais moment.

D’autant plus que c’est loin d’être un deux de pique ! Si le Canadien lui a donné 5 millions $ par saison, c’est parce qu’il faisait partie des joueurs autour desquels le club pensait construire.

Slafkovsky est incroyable

C’est tout l’inverse pour Juraj Slafkovsky, que j’ai trouvé incroyable ce week-end. Depuis le retour de la pause olympique, Guhle et lui sont aux antipodes.

En fin de semaine, c’était flagrant. Slafkovsky a réalisé des jeux dans des espaces restreints, il est allé chercher des rondelles dans les coins de la patinoire. Aux endroits où la circulation est intense, où tu risques de manger des coups de coude et de bâtons...

Et on n’est plus au début de la saison, quand tout est un peu plus facile. Non, en ce moment, jouer de la manière dont il le fait, c’est dur. Parce que chaque détail d’un match compte dans la course aux séries.

St-Louis mentionnait en fin de semaine que n’importe quelle structure de jeu ne fonctionnait plus si les joueurs n’étaient pas intenses. La sienne, l’homme à homme, implique justement que tu dois être intense pour ne pas laisser le joueur s’échapper.

Certaines équipes adverses le savent. Elles se préparent à affronter le Canadien. Elles créent de la confusion, du mouvement pour écarter les joueurs du devant du filet.

On dirait que certains, comme Guhle dernièrement, n’ont pas accepté le concept. Et c’est dommage quand ça donne un but pour l’autre équipe à cinq minutes de la fin.

Surtout, comme contre les Ducks, quand tu étais revenu de l’arrière dans le match, que tu avais fait preuve de caractère.

- Propos recueillis par Jessica Lapinski


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