Pourquoi cette défaite me fait aussi mal |
La défaite du Canada contre les États-Unis fait tellement mal, surtout dans le contexte géopolitique actuel, où l’on aurait aimé leur en mettre une dans les dents.
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Les Jeux olympiques, c’est censé être neutre. Mais c’est certain que dans la préparation d’avant-match, tout ce qui se passe dernièrement entre les deux pays, c’est entré en ligne de compte.
Ç’aurait été vrai dans mon cas, c’est sûr et certain.
Les mots me manquent quand je repense à dimanche matin. J’étais à terre. Je ne me rappelle pas avoir été aussi stressé pour un match. Même à l’époque où j’étais sur la glace.
Un titre olympique, tu n’as pas l’occasion d’en avoir 50 dans ta carrière. Je suis tellement déçu pour les Canadiens.
Mais en regardant le match, on pouvait la voir arriver, la défaite. Connor Hellebuyck arrêtait tout et le Canada ne trouvait pas de solutions offensives. Le Canada a obtenu 48 tirs, mais il cherchait constamment le jeu parfait et il effectuait la passe de trop.
C’est peut-être ce qu’il faudra retenir de cette défaite. Quand le Canada a connu du succès dans ce tournoi, il n’y avait rien de complexe. On n’a qu’à penser à la déviation de Sam Reinhart en demi-finale, contre la Finlande.
D’autant plus que collectivement, je n’ai pas trouvé que les États-Unis étaient très bons. Ils étaient plats. Le Canada a connu son meilleur match aux Jeux.
Certains disent que si le Canada jouait 100 fois cette rencontre, il la gagnerait 95 fois. Je suis d’accord. Mais c’est le danger qui rôde sur une équipe composée de joueurs aussi talentueux.
Ils vont chercher la passe parfaite. C’est naturel pour eux.
Là où le Canada a connu des ratés, aussi, c’est qu’il n’a pas été capable d’inscrire le premier but, qui était selon moi la pierre angulaire du match. Parce que par la suite, les États-Unis n’ont pas ouvert leur jeu tant que ça.
Mais le Canada a eu ses chances. Macklin Celebrini a obtenu une échappée, Connor McDavid aussi. Il y a eu le 5 contre 3, aussi... Les Canadiens ont eu la chance de tirer dans deux filets complètement ouverts et ils les ont ratés.
Certains joueurs n’ont pas connu leur meilleur match. Je pense à Cale Makar, sans vouloir le blâmer. Était-ce de la nervosité ? Toujours est-il que ce n’était pas lui, le meilleur défenseur sur la glace, dimanche.
Du côté américain, il faut lever notre chapeau à Hellebuyck. On a dit si souvent qu’il était incapable de gagner. Cette victoire risque de l’aider pour le reste de sa carrière.
C’est la même chose pour Brady Tkachuk ou Auston Matthews. Quand tu commences à gagner, tu y prends goût. Malheureusement, ça n’a pas été notre tour cette fois.
Mention honorable à Brock Nelson, qui poursuit la lignée familiale de médaillés d’or. C’est quand même fou. C’est même à croire qu’ils l’ont pris uniquement pour ça ! Bill, son grand-père, a gagné le tournoi en 1960. Son oncle Christian a vécu le « miracle sur glace » de 1980.
Les gars ont aussi posé un beau geste en l’honneur de Johnny Gaudreau. C’est grand, les États-Unis, mais ces joueurs se connaissent tous, en raison du programme de développement américain.
Dimanche, ils ont plié, plié, mais ils n’ont pas cassé. Parfois, c’est le Canada qui joue ce tour à d’autres pays. Cette fois, ce sont eux qui l’ont subi.
–Propos recueillis par Jessica Lapinski
Je suis drainé, alors je n’imagine pas Suzuki !
J’étais complètement vidé après avoir regardé la finale olympique dimanche, alors je n’imagine pas Nick Suzuki. Parce que moi, je n’étais même pas sur la glace !
Suzuki a connu un bon tournoi. Comme pour ses coéquipiers, c’est sûr que la fin contre les États-Unis a été décevante.
Mais tu apprends beaucoup plus dans la défaite que dans la victoire. En fait, tu n’apprends pas grand-chose dans la victoire, sauf à avoir envie de gagner encore plus.
Maintenant, ce sera de tirer des leçons de tout ça et de continuer à avancer.
Juraj Slafkovsky a aussi connu un très bon tournoi. Souhaitons que ça se poursuive pour les deux à leur retour à Montréal, même si je ne m’attends pas à ce qu’ils soient au sommet de leur forme la première semaine, avec la fatigue et le décalage horaire.
Ça va leur tirer dans les pattes. Mais Slafkovsky va lui aussi revenir fort d’une belle expérience, avec une belle confiance.
La Finlande est impressionnante
Chapeau à la Finlande, aussi, qui a remporté le bronze. À chaque tournoi olympique, mine de rien, Elle remporte une médaille.
Les Finlandais jouent avec une identité qui leur est propre. Je trouve ça le fun à regarder et ça en dit beaucoup sur le développement qu’ils font au sein de leur ligue. C’est impressionnant.