Le CH pourrait avoir trois joueurs de 100 points |
En atteignant le plateau des 100 points dimanche, Nick Suzuki s’est donné un autre argumentaire pour faire taire tous ceux, même dans les médias, qui disaient que le capitaine du Canadien ne faisait pas partie des joueurs d’élite dans la Ligue nationale de hockey.
• À lire aussi : Nick Suzuki à 100 points : « Il fera partie des grands de l’équipe », selon Steve Shutt
• À lire aussi : Nick Suzuki est maintenant membre d’un groupe sélect dans l’histoire du Canadien : un moment spécial pour le capitaine
C’est fou quand on y pense. Ça faisait 40 ans, depuis Mats Naslund en 1985-1986, qu’un joueur du CH n’avait pas atteint cette marque. J’ai 36 ans... c’est donc dire que c’était une première pour moi.
Pourtant, on parle d’une formation fondatrice de la ligue. Ça montre à quel point la LNH a grossi et qu’avec la concentration de joueurs dans le circuit, c’est difficile à réaliser, 100 points.
En ce moment, ils ne sont que cinq à avoir atteint cette marque cette année. Ils seront peut-être 10 à la fin de la saison régulière.
Comme Nikita Kucherov
La définition de l’élite, pour moi, ce n’est pas de déjouer tout le monde et de marquer des buts. Oui, tu as des profils comme ça qui en font partie. Des joueurs qui se démarquent par leurs qualités individuelles incroyables, comme le coup de patin de Connor McDavid.
McDavid est talentueux, il est intelligent. Mais sans son coup de patin qui lui permet de déborder tout le monde et d’obtenir trois échappées par match, ce n’est pas le même joueur. C’est vraiment sa grande force.
Suzuki, lui, il a obtenu ses 100 points comme Nikita Kucherov amasse 100 points. Grâce à son intelligence.
Nick Suzuki ne se met jamais dans le trafic quand il n’a pas besoin d’être dans le trafic. C’est plutôt le champion du monde pour trouver de l’espace sur la glace, pour forcer les boîtes défensives des autres équipes à s’ouvrir afin de créer des lignes de passe.
Aussi, Suzuki n’a jamais raté un match dans la LNH. Jamais il ne se blesse sérieusement. Ce n’est pas par chance, mais plutôt parce qu’il ne se place jamais en mauvaise position, même si, oui, il bloque des lancers et il donne des mises en échec.
C’est quoi, son plafond ?
Et je me demande ce que c’est, le plafond de Suzuki, parce qu’en ce moment, le Canadien ne mise pas sur deux trios hyperperformants.
D’autres équipes ont un deuxième trio vraiment bon, qui fait peur à l’adversaire, qui fait en sorte que le meilleur duo défensif de l’autre club ne peut pas uniquement être jumelé à leur première ligne.
Ivan Demidov connaît déjà une saison exceptionnelle, mais quand il sera encore plus dominant, le Canadien va devenir une puissance. Et à ce moment, il y aura peut-être même trois joueurs qui vont atteindre les 100 points au sein du club.
Après tout, Demidov va encore progresser, et Cole Caufield a quand même 88 points, cette année...
La vision de St-Louis
Dans les succès actuels du Canadien, une partie du mérite revient à Marc Bergevin et à ceux qui l’entouraient à l’époque. C’est lui qui est allé chercher Suzuki, qui a repêché Caufield et des gars de talent comme Kaiden Guhle.
Il y a aussi beaucoup de Martin St-Louis dans tout ça. Comme il l’a fait pour Caufield, il a placé Suzuki dans des situations qui lui permettent de connaître du succès.
Il l’a aidé, parce qu’avec son bagage de joueur offensif dans la LNH, St-Louis a une approche différente de celle de bien des entraîneurs. Il croit en la progression, au développement. Il prône la possession de rondelle, même pour les joueurs d’énergie.
C’est pour ça que je me demande, notamment, quel est le plafond de Suzuki. Avec St-Louis, il peut continuer à se développer.
– Propos recueillis par Jessica Lapinski