Vie et mort du Front de libération nationale corse |
À l’occasion de l’anniversaire de la création du FLNC il y a 50 ans, retour sur la trajectoire singulière d’un mouvement clandestin qui a profondément marqué la vie politique corse. Entre revendication anticoloniale, structuration armée et recompositions internes, son histoire éclaire les transformations contemporaines du nationalisme insulaire.
En Corse, la première action violente contre l’État date de février 1973. Elle est revendiquée par le Front Paysan Corse de Libération (FPCL). Composé d’agriculteurs, de commerçants et d’étudiants, ses credo sont la reconnaissance de la Nation et de la langue Corse, l’exclusion des colons, la corsisation des emplois, et le rapatriement des Corses de l’extérieur.
Puis, dès l’année 1974, apparait une seconde organisation clandestine : la Ghjustizia Paolina (GP), constituée de jeunes militants pour la plupart étudiants. Elle revendique des attentats d’envergures contre des cibles définies comme colonialistes.
Le 24 avril 1974, le FPCL annonce sa fusion avec la GP et en mai 1974, ils diffusent un manifeste qui officialise un passage à la lutte de libération nationale et donc à la création d’un Front de libération de type mouvement de décolonisation. C’est dans ce contexte, suite à une vague de 22 attentats, durant la nuit de 05 mai 1976, qu’apparait le FLNC.
Une inscription parmi les luttes anticoloniales
Dans sa première conférence de presse en juillet 1976, le FLNC menace directement l’État au nom du peuple corse et rappelle que ses membres « n’ont pas d’attachement ni avec l’extrême droite ni avec les socialistes et autres révolutionnaires de gauche : ses membres sont, avant toute chose, nationalistes corses ». Ainsi, le FLNC expose un projet d’indépendance dont le point nodal est le choix des Corses à déterminer par la voie référendaire la souveraineté de l’île. Très critique envers les actions des autonomistes, il rappelle aussi que seule une lutte armée contre l’État dit colonial permettrait « de sauvegarder ce qui reste du peuple corse ». Le FLNC propose également l’extension du domaine de la revendication anticoloniale à la lutte de libération nationale :
« Corses, reprenons la voie de nos ancêtres, le fusil à la main, pour libérer notre patrie. Nous n’avons plus le choix ».
« Corses, reprenons la voie de nos ancêtres, le fusil à la main, pour libérer notre........