Pourquoi les chercheurs français ne créent que peu d’entreprises |
Pourquoi certains chercheurs franchissent le pas de l’entrepreneuriat, et d’autres non ? Une étude menée à l’Université du Mans identifie les blocages qui expliquent pourquoi l’entrepreneuriat académique reste limité en France.
Dès 1999, la loi Allègre donne la possibilité aux chercheurs de créer ou de participer à une entreprise valorisant leurs travaux, tout en conservant un lien avec leur établissement. La loi Pacte de 2019 renforce cette dynamique en visant une simplification et une accélération des parcours de valorisation.
Ces évolutions s’inscrivent dans la stratégie d’innovation portée par France 2030. Doté de 54 milliards d’euros, le plan fixe un cap pour les start-up issues de la recherche : atteindre 500 créations « deep tech » par an d’ici 2030, et favoriser l’émergence de 100 licornes, ces entreprises valorisées à plus d’un milliard d’euros. Le concept de deep tech caractérise des start-up innovantes basées sur des découvertes scientifiques et des ruptures technologiques. Selon Bpifrance, 2 800 start-up deep tech sont actives en France.
Notre étude analyse les déterminants de l’intention entrepreneuriale des chercheurs et leur propension à valoriser leurs travaux par la création d’entreprise. Au moyen de questionnaires, puis d’entretiens, nous avons interviewé des chercheurs publics – doctorants, postdoctorants, enseignants-chercheurs et ingénieurs de recherche – sur trois dimensions : leurs motivations et craintes (comportement), leurs compétences perçues et leur formation (compétence), ainsi que l’environnement institutionnel et le soutien de leur entourage (contexte).
Quatorze hypothèses à vérifier
Dans notre étude, nous avons sollicité 156 chercheurs affiliés à l’université du Mans, sur 660 personnes (en 2023). La taille « intermédiaire » de l’Université du Mans – trois facultés, deux Instituts universitaires de technologie (IUT) et une école d’ingénieurs pour 13 000 étudiants – constitue un cas........