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Débat : Comment repenser le financement de la recherche ?

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18.02.2020

La future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) suscite d’importantes inquiétudes dans le monde de l’enseignement supérieur. D’un côté, des chercheurs, mécontents de l’état des lieux actuel, demandent plus de moyens, tout en refusant le principe d’une distribution sélective, donc inégalitaire, des ressources – distribution sélective qui, dans les faits, existe déjà.

De l’autre, administrateurs de la recherche et responsables politiques ont conscience des insuffisances de la situation présente et sont convaincus qu’il faut accroître les investissements dans la recherche, tout en craignant qu’ils ne soient gaspillés ou inutilement saupoudrés dans un milieu de la recherche qui serait touffu, opaque, fragmenté et très inégalement productif.

Read more: La recherche à l’épreuve de la mise en concurrence

Dans ce contexte, il n’est peut-être pas inutile d’en revenir aux fondements de l’une des disciplines majeures du management classique : le contrôle de gestion. On se demandera à cette occasion si ces bases du management importé des États-Unis que l’on s’acharne à vouloir imiter ont été véritablement lues et comprises.

Le contrôle de gestion, en anglais, « management accounting » ou, plus précisément, « management control » vise à piloter la performance d’une entreprise. Cette discipline veut que toutes les composantes de l’entreprise connaissent la contribution qu’elles doivent y apporter et que chacun fasse tous les efforts nécessaires pour la délivrer.

Il s’agit d’équiper chaque service de l’entreprise d’une sorte de tableau de bord qui lui permet de savoir à tout moment si les résultats escomptés seront atteints. Les trois critères pour s’auto-évaluer sont :

l’efficacité : vais-je atteindre les résultats escomptés à la date prévue ?

l’efficience : vais-je atteindre les résultats en utilisant les ressources de la façon la plus parcimonieuse possible ?

la pertinence : les résultats que je poursuis sont-ils cohérents avec ceux des autres services et avec la stratégie globale de l’entreprise ?

Chaque équipe peut ainsi s’autogouverner dans une large mesure, puisqu’elle dispose d’une autonomie de gestion qui la rend responsable de l’atteinte des objectifs........

© The Conversation