Les pétitions contre les épreuves de bac, symptômes d’un malaise lycéen ?

Face à des sujets jugés trop difficiles, ou face à des programmes chargés, les candidats au baccalauréat n’hésitent plus à lancer des pétitions. Que nous dit ce phénomène du rapport à l’institution scolaire et aux diplômes ? Dans quelle mesure cela reflète-t-il un malaise lycéen par rapport aux promesses méritocratiques ?

Cette année, le président de la République ou le ministère de l’éducation nationale seront-ils encore, à l’issue des épreuves du baccalauréat, destinataires d’une des nombreuses pétitions qui fleurissent depuis le début des années 2000 ? Une des dernières en date, forte de près de 25 000 signatures, lui demandait une réévaluation du sujet de physique-chimie du baccalauréat général de 2025, dont la difficulté était jugée comme au-delà du niveau attendu par le programme.

Ce type de demande, battant en brèche le principe de souveraineté des jurys d’examen, devient une pratique courante et concerne de nombreuses disciplines. En 2024, le programme de sciences économiques et sociales pour l’épreuve de spécialité était, de la même manière, dénoncé comme trop chargé. Le sujet de français de 2015, tiré de la pièce le Tigre bleu de l’Euphrate (de Laurent Gaudé, 2002), était récusé, car l’extrait proposé n’aurait pas permis de savoir s’il était fait allusion à un animal ou au fleuve du Moyen-Orient.

Les normes de correction des copies font elles-mêmes l’objet de critiques, comme celles exprimées par une pétition de 2008 demandant de la clémence dans la sanction des erreurs d’orthographe, perçue comme risquant de sacrifier toute une génération.

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Cette évocation d’une jeunesse en danger est récurrente dans les textes soumis à signature. On peut y voir une stratégie, celle de donner une portée générale à une protestation qui pourrait ne concerner qu’une partie des candidats. Nous y voyons, pour notre part, un analyseur des rapports de défiance........

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