Vent de panique sur l’indépendance des banques centrales avec la nomination de Kevin Warsh et la succession de Christine Lagarde |
La nomination de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale (Fed), considéré comme la « marionnette » de Donald Trump, interroge sur l’indépendance de la banque centrale états-unienne. Or, le dollar états-unien représente environ 57 % des réserves de change mondiales. En Europe, la succession de Christine Lagarde en 2027 ouvre la boîte de Pandore à la redéfinition de l’orientation de la politique monétaire et le profil du futur président.
Pendant les dernières décennies, l’autonomie des banques centrales s’est imposée comme un principe structurant de la gouvernance macroéconomique. L’argument était simple : soustraire la gestion de la monnaie aux pressions électorales devait permettre de maîtriser l’inflation et soutenir une croissance plus stable.
Ce modèle, apparu en réponse aux crises inflationnistes des années 1970 et 1980, s’est progressivement transformé en norme institutionnelle, acceptée par tous. En protégeant la banque centrale des pressions politiques de court terme, ce que l’on appelle l’incohérence temporelle, elle vise à garantir la crédibilité de la politique monétaire, à assurer la stabilité des prix et à éviter des décisions opportunistes susceptibles de fragiliser l’économie à long terme.
Dans un contexte de cycles politiques instables, garantir aux banques centrales le dernier mot relatif aux taux d’intérêt, à la régulation financière et à la supervision bancaire demeure essentiel. Ce principe est par exemple strict dans le cas de la Banque Centrale européenne (BCE), dont l’indépendance est juridiquement protégée.
Aux États-Unis, cette fragilité institutionnelle se manifeste par des pressions........