Michael Rousseau et le français : les trois quarts des commentaires dans les médias canadiens sont négatifs envers le Québec, selon une étude |
Pourquoi un message livré dans une seule langue peut-il provoquer une telle onde de choc ? Au Canada, la langue ne relève pas seulement de la communication : elle touche à l’identité, au pouvoir et à la reconnaissance. Mais jusqu’où notre appartenance linguistique façonne-t-elle notre perception des langues, et de celles et ceux qui les parlent.
Les enjeux linguistiques dans le contexte canadien suscitent régulièrement des controverses et alimentent des discours polarisants, relayés et amplifiés par les médias.
Le message de condoléances du PDG d’Air Canada Michael Rousseau à la suite de la tragédie survenue le 23 mars à l’aéroport LaGuardia à New York, livré en anglais, a provoqué un vif tollé à travers le pays, comme en témoigne l’importante couverture médiatique.
Malgré un large consensus parmi les journalistes et commentateurs anglo-canadiens et francophones du Québec quant au caractère inapproprié du message unilingue, les opinions exprimées par les membres du grand public apparaissent plus partagées — surtout à l’égard de l’importance accordée par les francophones du Québec à la langue du message.
Pour mieux comprendre les dynamiques de ces controverses, de leur origine à leur déploiement, la sociolinguistique s’intéresse non seulement aux usages de la langue, mais aussi aux discours sur la langue, ainsi qu’à l’interprétation et à la portée de ces discours.
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Les représentations défavorables du Québec et du bilinguisme
Dans le cadre d’une étude en cours visant à analyser les discours médiatiques relatifs à la controverse, j’examine environ 3000 commentaires de lecteurs et lectrices publiés dans les sections de discussion d’une série d’articles du Globe and Mail jugés pertinents pour........