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Suivre la faune grâce à l’ADN : une percée scientifique en collaboration avec une communauté autochtone

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29.01.2026

Orignaux, caribous, cerfs… Ils traversent les forêts depuis des millénaires et façonnent les écosystèmes autant que les cultures humaines. Mais comment confirmer leur présence sans les observer, les capturer ou les déranger ? La réponse tient parfois à l’invisible : des fragments d’ADN laissés dans la neige, la poussière ou transportés par des insectes.

Cette approche, appelée ADN environnemental (ADNe), transforme le suivi de la faune terrestre, à condition d’en adapter les méthodes aux réalités du territoire.

Au Canada, la protection de la biodiversité se fait sous des pressions croissantes liées à l’exploitation des ressources et aux changements climatiques. Le Cerf de Virginie, par exemple, se déplace vers le nord, empiétant sur les habitats d’orignal et du caribou. Il peut transporter avec lui des maladies qui mettent à risque des populations entières de cervidés. La progression de l’espèce est suivie de près, mais repose sur des informations parfois difficiles à obtenir.

Il en va de même pour le suivi des espèces rares et difficiles à observer, comme le carcajou, dont la présence dans plusieurs régions du nord du Québec demeure incertaine, faute de données tangibles pour la confirmer.

Pour orienter les décisions nécessaires à la protection de la biodiversité, l’ensemble des acteurs — gouvernements, organismes de conservation, industrie et Peuples autochtones — ont besoin de données fiables, comparables et produites de manière socialement responsable. Or, les outils de suivi traditionnels (observation directe, capture, colliers GPS ou pièges photographiques) sont souvent coûteux, intrusifs ou difficiles à déployer dans des régions éloignées.

L’ADNe repose sur un principe à la fois simple et puissant : tous les organismes vivants libèrent des fragments de leurs cellules contenant de l’ADN dans leur environnement, notamment par leurs excréments, leur urine, leur salive, leur peau ou leurs poils. En analysant ces traces génétiques présentes dans l’eau, le sol, la neige ou l’air, il devient possible d’identifier les espèces qui fréquentent un milieu donné, sans contact direct ni perturbation des animaux.

Si cette approche est aujourd’hui bien établie pour les........

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