Manifestations en Iran : « Quoi qu’il arrive, la situation s’annonce explosive » |
Depuis fin décembre, l’Iran est frappé par un soulèvement inédit. Des manifestants de toutes les régions et de toutes les classes sociales descendent dans les rues pour dénoncer la crise économique et la répression politique, défiant le blocus d’Internet et de télécommunications imposé par le régime.
Le pays traverse une crise économique profonde : dévaluation de la monnaie, inflation galopante et inégalités croissantes alimentent la colère. Les Iraniens dénoncent un régime qui exige des sacrifices constants tout en étant incapable de répondre à leurs besoins.
Face à cette mobilisation massive, le gouvernement répond par une répression violente. Selon les plus récentes estimations d’ONG de défense des droits humains, le bilan de la répression s’élève à plus de 600 morts depuis le début du soulèvement fin décembre, dont une large majorité de manifestants, et plus de 10 000 arrestations ont été signalées dans tout le pays. L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, estime néanmoins que le nombre réel de victimes pourrait être beaucoup plus élevé.
Dans ce contexte, le président Donald Trump a menacé de « frapper fort » si la situation devait dégénérer, relançant les inquiétudes sur une possible intervention américaine dans la région.
Pour analyser ces événements, nous avons interrogé le professeur à l’Université Laval Francesco Cavatorta, spécialiste du Moyen‑Orient. Il revient sur les causes du mouvement, les stratégies du régime et les enjeux géopolitiques.
La Conversation Canada : Quelle est l’origine profonde du mouvement de protestation en cours en Iran et en quoi diffère-t-il des précédents soulèvements (2019, 2022) ?
Francesco Cavatorta : Le mouvement actuel........