Un groupe d’experts pour éclairer la gouvernance de l’IA par la science

Les États sont en compétition afin de développer le plus rapidement possible des modèles d’intelligence artificielle (IA). Les intérêts nationaux et internationaux des différents acteurs divergent en fonction de leurs enjeux et réalités propres. Ce développement tous azimuts de l’IA suscite des préoccupations croissantes. Un groupe d’experts a été créé afin de dépasser les rivalités et de développer un consensus scientifique à l’échelle de la planète autour de l’IA.

Le 3 février 2026, 40 expertes et experts ont été nommés parmi 2600 candidatures. Sélectionnés pour un mandat de trois ans par la communauté internationale, les candidats constituent ainsi le premier « Groupe scientifique international indépendant de l’intelligence artificielle » (Groupe d’experts). Ce groupe de haut niveau, co-présidé par le professeur québécois Yoshua Bengio, est chargé de rédiger un rapport annuel fondé sur des données fiables synthétisant les recherches existantes sur les « promesses, risques et répercussions » de l’IA, sans toutefois devoir se prononcer sur les enjeux, pourtant de taille en gouvernance mondiale de l’IA, liés au militaire.

Ce groupe constitue un cas d’étude particulièrement intéressant pour les travaux que nous menons dans le cadre de la Chaire en Diplomatie scientifique et gouvernance mondiale de l’IA à l’Université de Montréal puisqu’il représente un exemple prometteur de diplomatie scientifique appliquée à l’IA.

Que ce soit en raison de leur conception, de leur mise au point ou de leur utilisation, les systèmes d’IA présentent des risques aujourd’hui connus et documentés.

Par exemple, les systèmes d’IA utilisés pour le diagnostic médical peuvent reproduire des biais présents dans les données sur lesquelles ils sont entraînés, avec des taux d’erreur plus élevés pour les femmes et les personnes racisées.

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De même, les outils de génération de contenu permettent de produire en quelques secondes des milliers de faux articles ou de fausses déclarations, saturant l’espace public de désinformation, difficile à contrer. Quant aux systèmes de reconnaissance faciale déployés par certains États, ils permettent une surveillance de masse sans........

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