Pourquoi certains réussissent à l’université sans être « meilleurs élèves » |
De nombreuses étudiantes et de nombreux étudiants arrivent à l’université en pensant que la réussite est simple : suivre le programme, réaliser les travaux demandés, obtenir de bonnes notes et progresser. Et, dans bien des cas, c’est exactement ce qu’ils font – ils répondent aux attentes, réussissent leurs cours et avancent dans leur parcours académique et professionnel. Pourtant, beaucoup découvrent en chemin qu’on attendait d’eux bien d’autres choses que de bonnes notes, et qu’il est alors difficile de rattraper ce décalage.
Au cours des vingt dernières années, comme professeur d’université, j’ai souvent vu certains des étudiants les plus capables – réfléchis, assidus et clairement engagés – se retrouver en difficulté lorsqu’ils passent aux études supérieures. Ils deviennent incertains et frustrés lorsque la reconnaissance ne correspond pas au temps et aux efforts importants qu’ils ont investis. Cela ne tient généralement pas à un manque de capacités, mais à une mauvaise compréhension de ce que la réussite universitaire exige réellement – ils n’ont pas appris les règles du jeu, parce que celles-ci ne leur ont jamais été clairement expliquées.
Un ensemble de normes tacites
La vie universitaire est structurée par un ensemble de normes tacites, rarement formulées et souvent tenues pour acquises. On attend des étudiantes et des étudiants qu’ils fassent preuve d’initiative intellectuelle et de créativité, et pas seulement qu’ils réalisent les travaux demandés.
On attend d’eux qu’ils prennent des risques – poser des questions, expérimenter, remettre en question ce qu’ils apprennent, proposer leurs propres idées. Ils doivent aussi apprendre à se positionner dans leur domaine, à interagir avec les autres et à valoriser leur travail – par exemple en présentant à des congrès, en contactant des professeurs pour participer à des projets de recherche, ou........