Pourquoi les politiciens échouent à gérer les problèmes complexes… et comment y remédier
Pourquoi peinons-nous, comme société, à faire face aux grands défis de notre époque, comme les changements climatiques, les pandémies, les inégalités sociales ou les crises économiques ? Parce que ce sont des enjeux d’une grande complexité.
Et ainsi en est-il de l’actuelle guerre commerciale.
Depuis le 22 août, les États-Unis imposent des droits de douane de 50 % sur de nombreux produits canadiens d’une valeur de 27,6 milliards de dollars. En raison de son économie exportatrice fortement intégrée au marché américain, le Québec serait la province du Canada la plus durement touchée par ce barrage tarifaire. Les dernières données fournies par la Banque Nationale indiquent que le taux moyen appliqué aux exportations québécoises atteindra près de 11 %.
Cette pression tarifaire s’est intensifiée au cours de 2025. Les décideuses et décideurs politiques ont d’abord adopté une posture d’attentisme alimentée par la stupeur et l’incertitude, avant de devoir prendre des décisions dans l’urgence. Nous nous trouvons désormais face au genre de situation complexe dans laquelle les capacités de la cognition humaine peuvent rapidement montrer leurs limites.
À l’aune du rendez-vous électoral québécois du 5 octobre, l’enjeu de la présente campagne n’est ni la santé, ni l’éducation, ni l’environnement, ni même l’économie : tous ces domaines contribuent à organiser un environnement de décision dans lequel aucun ne peut être géré indépendamment des autres.
L’imposition de nouveaux tarifs douaniers peut non seulement fragiliser les entreprises québécoises, entraîner des mises à pied et diminuer le pouvoir d’achat des ménages, mais aussi provoquer des effets en cascade dans l’ensemble de la société : la précarité financière peut accroître les besoins en santé mentale et en services sociaux ; les perturbations des chaînes d’approvisionnement, compromettre l’accès à des biens essentiels et accentuer les enjeux de sécurité alimentaire et énergétique ; et l’accumulation de ces pressions, exacerber les tensions sociales et amplifier les inégalités entre les populations et les territoires.
Pour les politiciennes et les........
