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La guerre en Iran est un nouveau coup dur pour Vladimir Poutine, mais la Russie pourrait en tirer profit

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04.03.2026

La guerre en Iran est un nouveau coup dur pour Vladimir Poutine, mais la Russie pourrait en tirer profit

Thomas Messias – 4 mars 2026 à 7h55

Partenaire privilégié de Téhéran, Moscou a des craintes à nourrir... mais aussi pas mal d'espoirs en perspective.

Temps de lecture: 2 minutes - Repéré sur Forbes

Après les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a exprimé sa sympathie et son soutien de principe à Téhéran, mais sans se mouiller davantage. Comme l'explique Forbes, qui se base sur l'analyse du groupe de réflexion londonien Chatham House, l'approche de Moscou relève de la «stratégie de couverture», qui consiste à ne pas s'impliquer outre mesure tout en maintenant des contacts constants.

En janvier 2025, l'Iran et la Russie avaient ratifié un traité de partenariat stratégique global, censé régir les relations entre les deux pays pour les vingt années à venir. Cet accord ne prévoit ni alliance militaire ni engagement d'assistance militaire mutuelle; il est à noter que même lors de la guerre des Douze Jours menée par Israël contre l'Iran en juin 2025, Moscou n'a pas assuré la défense militaire du régime iranien, autant par manque de ressources que par manque d'intérêt.

De prime abord, il semble que les États-Unis et Israël soient destinés à être les principaux bénéficiaires de leur guerre contre l'Iran, qui contribuerait par ailleurs à marginaliser la Russie encore davantage. Ayant déjà perdu une partie de son influence en Syrie à la suite de la chute de Bachar el-Assad, Moscou pourrait également voir celle-ci décroître en Iran, voire dans l'ensemble du Moyen-Orient.

Le Kremlin risque également de perdre de nombreux contrats, dans le domaine ferroviaire (projet de ligne reliant la Russie à l'Iran, pour plusieurs milliards de dollars) comme dans le secteur nucléaire (la construction de quatre réacteurs nucléaires dans le sud de l'Iran, pour 25 milliards de dollars, soit 21,6 milliards d'euros). Moscou prévoyait également d'accentuer sa présence dans l'industrie pétrolière et gazière iranienne.

Mais voilà: la guerre menée par les États-Unis en Iran pourrait aussi profiter à la Russie, et ce de plusieurs manières. Tout d'abord, le conflit actuel est en train de faire monter en flèche le prix du pétrole, en raison de la fermeture pour le moment temporaire du détroit d'Ormuz, dans le golfe Persique. Or 20% des exportations de pétrole et de gaz transitent par ce lieu-clé. Le marché pourrait donc subir une onde de choc, ce qui pourrait profiter à la Russie.

Forbes ajoute que peu avant le début des récentes hostilités entre les États-Unis et l'Iran, ce dernier a conclu un accord pour l'achat de 500 lanceurs portables russes Verba et de 2.500 missiles sol-air afin de se protéger des attaques aériennes. La Russie était et demeure le principal fournisseur d'armes de l'Iran, représentant un tiers de toutes les importations d'armes iraniennes depuis 1979.

Enfin, une confrontation prolongée entre les États-Unis et l'Iran risque d'épuiser les stocks américains de munitions critiques (intercepteurs PAC-3 MSE, roquettes antidrone APKWS, etc.) utilisées pour contribuer à protéger l'Ukraine face à son assaillant russe. L'armée américaine aurait alors toutes les peines du monde à continuer d'œuvrer en faveur de l'Ukraine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lui-même reconnu que l'évolution de la situation au Moyen-Orient aurait un impact direct sur les négociations de paix avec la Russie, qui peut tirer profit de la situation actuelle à plus d'un titre.

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