J'ai lu l'autobiographie de Vincent Lagaf' et c'était plus long qu'un marathon
J'ai lu l'autobiographie de Vincent Lagaf' et c'était plus long qu'un marathon
Je voulais des explications pour «La Zoubida» et «Le Baltringue», mais je n'ai eu que des miettes. Ces 400 pages pondues sans aucun effort d'écriture ou de remise en question ont eu raison de moi.
Temps de lecture: 10 minutes
1er août 2026 à 8h55 – Édité par Émile Vaizand
On ne compte plus les études et les articles sur les bienfaits de la lecture, pratique absolument essentielle sur le plan cognitif. À l'heure où notre faculté de concentration se réduit et où l'addiction aux écrans nous détourne souvent des livres, il nous est souvent répété que l'important, c'est de lire, pas la nature de ce qu'on lit. Un roman classique du XIXe siècle, une BD marrante, un thriller de Freida McFadden: tout est censé faire du bien à notre cerveau, les bons bouquins comme les mauvais.
Faisons confiance aux experts et acceptons l'idée selon laquelle lire n'importe quoi vaut mieux que de ne pas lire du tout. Est-ce qu'il n'existerait tout de même pas quelques exceptions? Prenons l'exemple de Je m'appelais Franck, l'autobiographie de Vincent Lagaf' parue en mars 2023. Après s'être coltiné ses 432 (oui) pages, on en vient à se demander si la lecture d'une notice de fer à repasser ou de l'arrière d'une boîte de céréales n'aurait pas davantage fait travailler nos cerveaux.
En préambule, l'auteur annonce lui-même la couleur: «Salut à toi, lecteur qui as osé acheter ce livre. […] Je vais essayer d'être le plus simple possible, je n'ai pas envie de faire chanter les petits oiseaux ni de te décrire la couleur du ciel. Non seulement je n'en ai pas envie, mais je ne pense pas être doué pour ça. Si tu t'attends à de la grande littérature avec moi, désolé, mais tu t'es fait eu!» La suite consistera effectivement en un long babil aux allures de premier jet, truffé de fautes de français certes volontaires et de jeux de mots non retravaillés.
On peut se dire que pourquoi pas. Que tout le monde a le droit de s'exprimer. Qu'une écriture aussi simple (doux euphémisme) peut tout à fait convenir à celles et ceux qui ont envie ou besoin qu'on leur parle simplement. Mais on peut aussi se dire que la personne qui écrit et celle qui lit gagneraient toutes les deux à faire preuve d'un peu plus d'exigence. Ça permettrait aux deux parties de se sentir un peu plus vives d'esprit à la fin du livre qu'au début. Mais en l'état, il est strictement inconcevable que Je m'appelais Franck puisse améliorer les capacités cognitives de qui que ce soit.
Sans surprise, le livre de Vincent Lagaf' est publié par XO Éditions, producteur de livres sans envergure et sans qualité. L'une des spécialités de cette maison, ce sont les livres dans lesquels des célébrités (de Patrick Sébastien à Michel Sardou) et des pseudo-stars peuvent étaler leur vie, leurs états d'âme et leurs raisonnements de bas étage sans être jamais contredites. Sous couvert de simplicité et d'accessibilité, cette maison d'édition pond des livres plus indigents les uns que les autres. Le pire, c'est qu'apparemment, ça marche.
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L'exploit du livre de Vincent Lagaf', en plus d'être écrit avec le talent et la verve d'un élève de cours élémentaire, c'est que tout en étant étonnamment épais, il parvient à ne rien dire de ce qu'on avait vraiment envie d'y trouver. Jusqu'à la page 118, le trublion-chanteur-comique-animateur va ainsi prendre le temps de nous raconter… sa jeunesse. Elle fut certes marquée par les coups durs, avec un passage par l'assistance publique avant l'âge de 3 ans, puis une adoption par une famille normande.
Celle-ci décide de lui donner un nouveau prénom, Vincent venant se substituer à Franck. Il faut reconnaître qu'être rebaptisé contre son gré lorsqu'on a déjà atteint l'âge de le comprendre, c'est rude. «Je ne suis pas psy, écrit l'intéressé, mais je peux te garantir que changer le nom d'un enfant à........
