Trente ans après la fin du siège de Sarajevo, l'hypothèse glaçante des «safaris humains» refait surface |
Trente ans après la fin du siège de Sarajevo, l'hypothèse glaçante des «safaris humains» refait surface
Sophie Boutière-Damahi – Édité par Émile Vaizand – 7 mai 2026 à 6h55
Trois décennies après le siège de la capitale bosnienne (1992-1996), en pleine guerre de Bosnie-Herzégovine, le possible scandale de riches étrangers venus «chasser» des civils a été relancé par l'ouverture d'une enquête judiciaire en Italie.
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Pendant près de quatre ans, entre avril 1992 et février 1996, le siège de la ville de Sarajevo a transformé la capitale bosnienne en cible à ciel ouvert. Plus de 10.000 civils dont 1.500 enfants ont été tués, quotidiennement exposés aux tirs embusqués depuis les collines environnantes.
Trente ans plus tard, une enquête ouverte en Italie vient raviver l'une des accusations les plus troublantes de cette guerre. «L'intérêt actuel autour du “safari de Sarajevo” est important, car il attire l'attention sur les souffrances des civils de la capitale bosnienne. Lorsqu'il s'agit de commémorer les victimes de la guerre et de comprendre la guerre de Bosnie-Herzégovine, l'attention est souvent portée, à juste titre, sur Srebrenica. Cependant, les souffrances des civils ont été généralisées dans tout le pays», avance Denisa Kostovicova, professeure de politique mondiale et chercheuse à la London School of Economics and Political Science (Royaume-Uni).
L'ouverture d'une nouvelle enquête
En novembre 2025, le parquet de Milan a rouvert le dossier et lancé une enquête contre X pour «homicide volontaire aggravé». Celle-ci vise à identifier plusieurs ressortissants italiens soupçonnés d'avoir participé à des expéditions clandestines, au cours desquelles des civils assiégés auraient été pris pour cibles par des étrangers fortunés, moyennant un paiement effectué à des milices serbes positionnées sur les hauteurs de la capitale bosnienne.
À l'origine de la procédure, il y a une plainte déposée en Bosnie par Benjamina Karić, maire de Sarajevo entre 2021 et 2024. L'ancienne élue a ensuite contacté le journaliste italien Ezio Gavazzeni pour investiguer sur ces «snipers du week-end», comme il les a nommés dans le titre de son livre-enquête paru le 17 mars (I cecchini del weekend) et comme ils ont été surnommés dans la presse italienne.
Durante l’assedio di Sarajevo (1992-1996), ricchi stranieri provenienti da diversi Paesi occidentali pagavano per affiancare i cecchini dell’esercito serbo-bosniaco e sparare ai civili.👉 https://t.co/BqQf6UGikF pic.twitter.com/krqirpdt3P— Paper First (@PaperFirst) March 17, 2026
Durante l’assedio di Sarajevo (1992-1996), ricchi stranieri provenienti da diversi Paesi occidentali pagavano per affiancare i........