Près de quatre ans caché dans une armoire: l'histoire improbable du soldat Patrick Fowler entre 1915 et 1918

Près de quatre ans caché dans une armoire: l'histoire improbable du soldat Patrick Fowler entre 1915 et 1918

Nicolas Méra – Édité par Émile Vaizand – 3 mai 2026 à 9h00

Entre janvier 1915 et octobre 1918, ce hussard britannique a survécu dans un meuble d'une famille du Nord de la France. Et ce, au nez et à la barbe d'un régiment allemand qui séjournait sous le même toit.

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C'est une offre d'hébergement qui défie les pires annonces de l'immobilier parisien: une surface habitable de moins d'un mètre carré, une hauteur sous plafond de 167 centimètres. Presque un cercueil. Et pourtant, entre janvier 1915 et octobre 1918, le soldat allié et britannique Patrick Fowler y a survécu pendant près de quatre ans, séparé de ses ennemis par seulement quelques millimètres de chêne.

C'est après la bataille du Cateau (Nord), le 26 août 1914, à peine un mois après le début de la Première Guerre mondiale, que l'angoisse de Patrick Fowler commence. Après ses succès en Belgique, la 1re Armée allemande s'enfonce en terre tricolore, mais est ralentie par quelques régiments britanniques qui s'attardent dans les plaines septentrionales françaises. Hélas, après plusieurs heures d'un affrontement inégal, les forces alliées doivent battre en retraite. Dans la confusion, certains retardataires sont coupés de leurs régiments: c'est le cas de Patrick Fowler, originaire de Dublin (Irlande), qui évolue au sein du 11e régiment de hussards de la cavalerie britannique.

Séparé de ses compagnons d'armes, le cavalier esseulé tente de retrouver son unité, qui se serait repliée en direction de Saint-Quentin (Aisne). Mais toutes les routes semblent désormais bloquées par des soldats coiffés de casques à pointes et des barrages d'artillerie. Il faut se méfier des patrouilles ennemies: les Prussiens ont pour habitude de poignarder les meules de foin d'un coup de baïonnette pour s'assurer que personne n'y est caché…

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