Près de 5 millions d'enfants sont morts avant leurs 5 ans en 2024, de nombreux décès étaient évitables

Près de 5 millions d'enfants sont morts avant leurs 5 ans en 2024, de nombreux décès étaient évitables

Lucas Déprez-Rose – 21 mars 2026 à 11h55

Malgré des progrès depuis 2000, le rythme de baisse de la mortalité infantile dans le monde a fortement ralenti, compromettant l'objectif d'éliminer les morts évitables d'ici à 2030.

Temps de lecture: 2 minutes - Repéré sur The Guardian

C'est un chiffre qui donne le tournis. En 2024, 4,9 millions d'enfants sont morts avant d'atteindre leur cinquième anniversaire, selon un nouveau rapport de l'Unicef. Si l'on y regarde de plus près, la loterie de la naissance reste implacable: la très grande majorité de ces décès survient toujours en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, où grandir en bonne santé est encore loin d'être une évidence.

Les causes, elles, sont tristement connues: complications liées à la prématurité, problèmes pendant l'accouchement, pneumonies, diarrhées, paludisme, malnutrition aiguë. Autant de pathologies pour lesquelles il existe déjà des traitements ou des interventions simples et peu coûteuses, à condition d'avoir accès à un système de santé minimal. «Aucun enfant ne devrait mourir de maladies que nous savons prévenir, mais nous voyons des signes préoccupants montrant que les progrès en matière de survie de l'enfant ralentissent», alerte Catherine Russell, directrice générale de l'Unicef dans les pages du Guardian.

Depuis 2000, la mortalité des enfants de moins de 5 ans a été réduite de plus de moitié à l'échelle mondiale, mais la dynamique s'essouffle nettement. D'après le rapport, le rythme de baisse de ces décès a chuté de plus de 60% depuis 2015: la courbe descend toujours, mais beaucoup trop lentement pour espérer atteindre l'objectif fixé pour 2030, celui de mettre fin aux décès d'enfants évitables.

Les conclusions de l'agence onusienne sont formelles: la question des financements est centrale. Les coupes dans l'aide internationale et les budgets de santé fragilisent des systèmes déjà exsangues: quand l'argent manque, ce sont d'abord les campagnes de vaccination, la distribution de moustiquaires imprégnées contre le paludisme ou les programmes de nutrition infantile qui sont réduits ou suspendus.

Un système de santé à bout de souffle

À cette pression budgétaire s'ajoutent d'autres facteurs aggravants comme les conflits armés, la pauvreté chronique, l'effondrement des infrastructures, ou les effets du changement climatique. Dans des pays comme la Somalie ou le Pakistan, les épisodes de sécheresse et d'inondations aggravent la malnutrition, qui devient à la fois une cause directe de décès et un complice silencieux: un enfant affaibli n'a plus les réserves pour survivre à une infection pourtant bénigne par ailleurs.

Sur le terrain, les ONG décrivent des soignants sommés de faire des miracles avec presque rien. «Les coupes dans l'aide entraînent une augmentation des décès évitables, menaçant la continuité des services vitaux au moment même où les besoins augmentent. Cela inverse des décennies de progrès», résume l'une des organisations interrogées. Ce n'est pas seulement une question de médicaments: chaque fermeture de centre de santé prive un village du suivi de grossesse, des conseils nutritionnels ou de la prise en charge rapide d'une infection.

Pourtant, les leviers sont bien identifiés: renforcer les soins de base, former les personnels en obstétrique et néonatologie, garantir des stocks de sels de réhydratation orale, d'antibiotiques essentiels et l'accès à une eau potable sûre suffirait à sauver des centaines de milliers de vies chaque année, insistent l'OMS et l'Unicef. Les exemples de pays qui ont fait reculer la mortalité infantile en quelques années grâce à un engagement politique fort montrent que ce fléau n'est pas une fatalité.

Le rapport est sans ambiguïté. La communauté internationale dispose des outils, du savoir‑faire et des preuves que ces stratégies fonctionnent, mais le manque de volonté politique et de financements menace de faire dérailler les progrès accomplis depuis vingt ans.

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