Des chercheurs ont transformé les pires polluants industriels en batteries durables et ça pourrait tout changer

Des chercheurs ont transformé les pires polluants industriels en batteries durables et ça pourrait tout changer

Lucas Déprez-Rose – 13 mars 2026 à 8h25

Plutôt que de simplement détruire les PFAS, une équipe a imaginé un procédé qui les transforme en ressource réutilisable.

Temps de lecture: 2 minutes - Repéré sur Gizmodo

Imaginez un instant que les pires erreurs industrielles du passé deviennent le carburant de notre avenir et soient en plus écologiques. Un scénario pour le moins optimiste, mais qui vient peut-être de naître dans les laboratoires de l'Université Rice, à Houston au Texas. Un des combats écologiques majeurs de notre époque est sans doute la lutte contre les PFAS, ces «polluants éternels» que l'on retrouve désormais partout.

Au lieu de chercher à détruire ces substances toxiques, l'équipe américaine a décidé de trouver un moyen d'en tirer profit. D'après une étude publiée dans la revue Nature Water et relayée par Gizmodo, ces molécules indestructibles pourraient bien être la clé pour répondre à la crise énergétique liée au lithium qui pourrait advenir ces prochaines années.

D'ici à 2030, la demande mondiale de ce métal alcalin risque de dépasser largement l'offre, créant une crise majeure qui pourrait ralentir la transition énergétique. Le lithium est en effet notamment utilisé pour fabriquer les batteries rechargeables.

Concrètement, les chercheurs ont utilisé du carbone activé saturé en PFAS comme une sorte d'électrode plongée dans une saumure très salée, puis ils ont chauffé le tout brutalement à 1.000°C avant de le refroidir, pour casser les liaisons des PFAS et libérer le fluor.

Un impact écologique et économique

Le fluor ainsi libéré se lie aux ions lithium présents dans la saumure pour former du fluorure de lithium très pur, que l'on récupère ensuite en le chauffant jusqu'à son point d'ébullition afin d'obtenir un lithium de qualité, tout en transformant les PFAS en résidus non toxiques: «En considérant les déchets comme un composé potentiellement utile, nous avons pu convertir les PFAS problématiques en un métal précieux qui peut être utilisé dans les batteries, par exemple», explique Yi Chang, co-auteur de l'étude, dans un communiqué officiel.

Le procédé a tout pour être révolutionnaire, notamment en raison de l'impact écologique et économique qu'il peut avoir. D'après les chercheurs, cette méthode serait à la fois salutaire pour la planète et extrêmement rentable. De quoi intéresser les industriels du secteur.

Pour le consommateur, cette découverte pourrait être synonyme de batteries moins chères et plus durables, et donc d'une facilité accrue à se séparer des énergies fossiles. Bien sûr, il faudra encore du temps pour que ce procédé passe du laboratoire à l'usine, mais l'espoir est permis.

En transformant un fléau écologique en une ressource stratégique, les chercheurs de Rice ont prouvé que les PFAS n'étaient pas forcément une fatalité.

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