«Je suis prête à aller partout dans le monde pour suivre Ariana Grande»: dans la tête des «ultrafans» de popstars
«Je suis prête à aller partout dans le monde pour suivre Ariana Grande»: dans la tête des «ultrafans» de popstars
Juliette Baëza – Édité par Émile Vaizand – 4 juin 2026 à 6h55
Concerts à répétition, achats massifs de produits dérivés ou création de contenus sur les réseaux sociaux: certains fans d'artistes font tourner leur vie entière autour de leur passion et de leurs idoles.
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L'année 2026 a encore de quoi ravir les fans de musique français. Ces prochains mois, les stars internationales se succèdent à Paris, entre les concerts de Bruno Mars le 18 juin au Stade de France, de Bad Bunny début juillet à la Paris La Défense Arena ou encore de Céline Dion en septembre et octobre dans cette même salle. Une aubaine pour les admirateurs et admiratrices enflammés, dont la passion dévorante rythme leur quotidien.
«J'ai trop hâte, je compte littéralement les jours. Je ne me rends pas compte que je vais enfin revivre mon rêve!», s'emballe Mari, étudiante de 23 ans, qui retournera voir son idole Ariana Grande, à Londres, en août prochain. «L'ambiance d'un concert où tu chantes, tu pleures, tu danses, c'est juste incroyable et merveilleux!», surenchérit Morgane, 29 ans, qui s'est successivement rendue aux concerts du groupe de pop rock australien 5 Seconds of Summer et du chanteur britannique Harry Styles, au cours du mois de mai.
Comme Mari et Morgane, les fans sont de plus en plus nombreux à développer une vraie adoration autour de leurs artistes préférés. Des ultrafans qui vivent et organisent leur temps autour de leurs idoles. «En réalité, il y a différents types d'engagement avec une gradation et un investissement variable selon les périodes de la vie. Par ailleurs, les chercheurs n'utilisent pas la notion d'ultrafan, qui est souvent péjorative avec une idée de folie ou de violence, même si la vision des fans commence à changer», nuance Julie Escurignan, maîtresse de conférences en management à l'université catholique de l'Ouest à Angers et spécialiste des pratiques et comportements de fans.
Pour le sociologue Gabriel Segré, enseignant-chercheur à l'université Paris-Nanterre, on disqualifie souvent les fans en associant leurs agissements à une pathologie. Pourtant, «ils sont importants dans la mesure où ils vont exprimer et donner à voir des comportements qui sont présents en chacun de nous. Le fait d'aimer une vedette, de s'investir passionnément pour cette personne, c'est un comportement qui ne nous est pas étranger et qui est révélateur de notre besoin de croire, d'adorer. […] Les fans vivent leur passion collectivement et cela donne à voir ce besoin d'appartenance à un groupe et de faire partie d'une communauté», note l'auteur du livre Fans de… – Sociologie des nouveaux cultes contemporains (paru en 2014), interrogé en mars 2018 par le magazine Usbek & Rica.
Un phénomène contemporain?
Si le phénomène semble s'intensifier ces dernières années, les groupies existent en réalité depuis le XIXe siècle. Les premières formes de dévotion apparaissent même au Moyen Âge, où certains prédicateurs étaient considérés comme divins par le peuple, qui se pressait pour obtenir un cheveu ou un morceau d'ongle. «C'est quelque chose que l'on voit depuis toujours, signale Julie Escurignan. Il y a toujours eu des figures qui suscitent un engouement, que l'on idolâtre et que l'on suit, même si c'est plus récent dans la pop culture.»
Le star-système........
