Fausses alertes, piratages: comment les hackeurs iraniens s'attaquent à Israël et aux États-Unis
Fausses alertes, piratages: comment les hackeurs iraniens s'attaquent à Israël et aux États-Unis
Julien Dubois – 2 avril 2026 à 20h55
Des alertes antimissiles factices aux intrusions dans les caméras de surveillance, le conflit s'étend au cyberespace avec un objectif: déstabiliser autant les esprits que les infrastructures.
Temps de lecture: 2 minutes - Repéré sur The Financial Times
La guerre que mènent les États-Unis et Israël en Iran passe évidemment avant tout par des bombardements et des drones, mais pas seulement. Pour preuve, cette anecdote passée quelque peu inaperçue: au début du conflit, les sirènes antimissiles d'Israël se mettent à retentir, les habitants reçoivent un message d'alerte sur leur smartphone qui les enjoint à se mettre à l'abri et puis… rien.
L'alerte était bidon et aucun missile n'avait été tiré dans cette direction: il s'agissait en fait d'une cyberattaque visant à faire paniquer la population et à voler des informations confidentielles grâce à un lien vérolé. Cet aspect cyber de la guerre est-il réellement utile à l'Iran? Comment peuvent riposter les autres belligérants? Le Financial Times a tenté d'y voir un peu plus clair.
Ces hackers ne sont pas une simple fraction de l'armée iranienne, mais une structure complexe et bien encadrée. Tout en haut de l'échelle se trouvent les pirates les plus expérimentés, dirigés directement par le Corps des gardiens de la révolution islamique et le ministère de l'Intérieur. Ils utilisent plusieurs entreprises de façade afin de brouiller les pistes.
Ces proxys sont une manière de se couvrir pour l'Iran: si une cyberattaque n'est pas prouvée comme étant ordonnée par un gouvernement, une riposte militaire serait interdite par le droit international. Vu le peu de cas fait du droit international par Donald Trump et Benyamin Netanyahou, pas sûr que cela soit très utile. Arrivent ensuite les intermédiaires: l'Iran recrute des profils semi-autonomes, cybercriminels ou prestataires privés. Enfin, un dernier échelon est composé d'hacktivistes, qui se mobilisent par idéologie derrière Téhéran.
Les cibles de ces hackers ne sont pas forcément gouvernementales, mais civiles. Leur but est de terroriser la population et d'influencer l'opinion publique ennemie à l'aide de messages de propagande tels que: «Netanyahou est mort. La mort vous approche et bientôt les portes de l'enfer s'ouvriront devant vous. Avant que les missiles iraniens ne vous anéantissent, quittez la Palestine.» L'idée est simple: rendre la guerre la plus impopulaire possible en Israël ou aux États-Unis.
À côté de ces actions psychologiques, les pirates iraniens mènent aussi des attaques plus tactiques. Certaines visent par exemple Ascend –un logiciel du groupe Stryker utilisé dans le secteur de la santé américain– pour perturber les services d'urgence. D'autres prennent pour cible des personnalités comme Kash Patel, actuel directeur du FBI. Enfin, des opérations consistent à pirater des caméras de surveillance israéliennes pour faciliter le ciblage des frappes de drones et de missiles.
Les États-Unis et Israël ne restent pas inactifs sur ce front numérique, qui dure déjà depuis plusieurs années. Dès 2009, les Américains avaient infligé d'importants dégâts au programme nucléaire iranien grâce au virus Stuxnet. Aujourd'hui encore, Washington affirme être capable de «rendre sourd et muet» l'Iran avant une attaque, en coupant ses communications internes et en piratant ses systèmes de vidéosurveillance –une technique qui aurait permis de localiser le Guide suprême.
Malgré ces capacités offensives, les États-Unis demeurent vulnérables sur le plan cyber. Leurs infrastructures critiques sont en grande partie gérées par le secteur privé, et les dissensions entre l'administration Trump et l'agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures –la CISA, privée de direction depuis janvier 2025– affaiblissent la coordination de la défense numérique.
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