Affaire Epstein: que peut-on attendre des auditions de Bill et Hillary Clinton?

Affaire Epstein: que peut-on attendre des auditions de Bill et Hillary Clinton?

Frédérique Sandretto – 26 février 2026 à 19h55

Après avoir longtemps refusé de témoigner devant la commission parlementaire qui enquête sur l'affaire Jeffrey Epstein, l'ancien président des États-Unis et son épouse ont changé de stratégie. Leurs témoignages devant la Chambre des représentants seront scrutés par tout un pays et même au-delà.

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Les auditions de Hillary et Bill Clinton devant la commission d'enquête de la Chambre des représentants sur l'affaire Epstein, respectivement les jeudi 26 et vendredi 27 février, s'annoncent comme un moment politique et médiatique majeur aux États-Unis. Jeffrey Epstein, financier déchu condamné pour infractions sexuelles, est au cœur d'un vaste scandale mêlant exploitation de mineures, réseaux d'influence et complaisances au sommet de l'État, qui continue de produire des répliques bien après sa mort en détention en 2019.

Ancien président des États-Unis (1993-2001), Bill Clinton a effectué plusieurs vols à bord du jet privé de Jeffrey Epstein et la publication de photos le montrant aux côtés de Ghislaine Maxwell a nourri soupçons et théories, faisant de son nom l'un des plus scrutés dans ce dossier. Ancienne secrétaire d'État (2009-2013) et candidate démocrate à la présidence en 2016, Hillary Clinton est, elle, convoquée car elle doit préciser ce qu'elle sait des relations entre son mari et Jeffrey Epstein.

Pourquoi les Clinton ont-ils fini par accepter de témoigner?

Pendant des mois, le couple Clinton a opposé une résistance frontale à la commission de contrôle de la Chambre des représentants, arguant que les convocations étaient juridiquement contestables et politiquement motivées. Rappelons que la «commission sur l'affaire Epstein» n'est pas une institution permanente; elle a été créée spécialement pour le dossier Epstein. Il s'agit d'une enquête conduite par des commissions parlementaires existantes –principalement la commission de surveillance (Oversight)– qui disposent du pouvoir d'assigner des témoins et d'organiser des auditions.

Les Clinton estiment que la commission parlementaire chargée d'enquêter sur l'affaire Epstein leur est hostile parce qu'elle est contrôlée par la majorité républicaine, politiquement opposée à leur camp, notamment sous la présidence de l'élu républicain James Comer, à la tête de la commission de surveillance de la Chambre des représentants (House Committee on Oversight and Accountability). Ils dénoncent une focalisation jugée excessive sur les relations passées entre Bill Clinton et Jeffrey Epstein, estimant que d'autres personnalités liées à Epstein ne font pas l'objet de la même attention, ce qui selon eux révèle un ciblage politique.

Le représentant républicain James Comer, président de la commission de surveillance et de réforme du gouvernement de la Chambre des représentants, le 21 janvier 2026, au sein du Capitole des États-Unis, à Washington. | Win McNamee / Getty Images North America / AFP

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