Famille, clips, enfants hospitalisés... Le vrai du faux du biopic sur Michael Jackson |
Famille, clips, enfants hospitalisés... Le vrai du faux du biopic sur Michael Jackson
Ellin Stein – Traduit par Bérengère Viennot – Édité par Émile Vaizand – 30 avril 2026 à 6h55
«Michael», le nouveau film controversé d'Antoine Fuqua, retrace le parcours du roi de la pop jusqu'à l'apogée de sa carrière, mais pas plus loin, tout en brodant parfois sur la trame des faits. On répond à six questions pour distinguer la fiction de la réalité.
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À ce stade, on a tous une idée assez nette de ce que l'on peut attendre du biopic d'une légende de la musique: des reconstitutions de performances de tubes que tout le monde aime et qui, avec un peu de chance, donnent l'impression d'être en train de regarder les originales. Quant au fil narratif sur lequel s'égrèneront les numéros musicaux, il prendra la forme d'une histoire où l'artiste sera aux prises avec la drogue (Ray, Walk the Line, Rocketman), un manageur/un partenaire/un parent tyrannique (Tina, Respect), voire un mélange des deux (Elvis, Love & Mercy, Amy).
On imagine tout à fait le pétrin dans lequel se sont retrouvés les producteurs de Michael, le nouveau biopic sur Michael Jackson, réalisé par Antoine Fuqua et sorti le mercredi 22 avril en France. D'un côté, ils avaient accès à un catalogue bien garni qui n'attendait plus qu'à être exploité, contenant certains des albums les plus populaires de tous les temps (sorti en 1982, Thriller détient toujours le titre d'album studio le plus vendu au monde), sans parler d'une armée de fans toujours aussi enthousiastes. De l'autre, un artiste incroyablement talentueux, maltraité par ses parents pendant l'enfance et qui a réussi malgré les cicatrices que lui ont laissées ces épreuves: c'est l'histoire idéale… sauf quand l'artiste est soupçonné de ne plus seulement être une victime, mais d'être lui aussi passé du côté des bourreaux.
La solution? Achever le film au moment de la sortie de l'album Bad, en 1987, avant qu'une flopée d'accusations de comportement sexuellement inapproprié avec des mineurs ne lui tombe dessus, permettant au public, s'il le désire, de séparer l'homme de l'artiste et de s'immerger sans se poser de question dans le pur plaisir que procurent les performances de Michael Jackson. Et il y a de quoi faire, vu la durée de sa carrière, grâce à des reconstitutions troublantes de justesse par Jaafar Jackson, le fils de Jermaine et neveu de Michael, qui incarne le chanteur adulte, et Juliano Krue Valdi, dans le rôle du petit Michael à l'âge de 5 ans.
Même si le film avait voulu aborder la question des transgressions supposées de Michael Jackson, il aurait été confronté à un véritable champ de mines, compte tenu de la multitude d'accords de confidentialité et d'arrangements financiers colossaux entourant la plupart des accusations. À en croire le New York Times, le scénario original de John Logan présentait les accusations d'agressions sexuelles sur mineurs de 1993 par Jordan Chandler comme un dispositif narratif qui discréditait la famille Chandler et posait Michael Jackson comme la victime innocente d'une tentative d'extorsion.
Cependant, alors que la production était bien avancée, les avocats de la succession de Michael Jackson se sont rendu compte qu'en vertu des termes de l'accord passé avec la famille Chandler, aucune des deux parties n'avait le droit de médiatiser ou de communiquer le moindre élément concernant l'accord ou les faits qui l'avaient précédé, en dehors des témoignages sous serment. Conséquence: le film a dû être réécrit et le tournage reprendre de zéro—pour un coût de 10 à 15 millions de dollars, payés par la succession—et la fin a été changée.
Tout en gardant à l'esprit le fait, qui n'est pas anodin, que non seulement le film ne mentionne pas l'éléphant au milieu de la pièce, mais qu'en outre, il a même légalement l'interdiction de reconnaître son existence, on peut se demander si Michael fait un portrait fidèle de l'accession du roi de la pop au statut de star mondiale, ou s'il s'agit d'un conte aussi fantaisiste que le Peter Pan qu'il aimait tant.
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