Non, «Marty Supreme» n'est pas vraiment un film sur le ping-pong

Non, «Marty Supreme» n'est pas vraiment un film sur le ping-pong

Anaïs Bordages – Édité par Émile Vaizand – 21 février 2026 à 9h00

Dans le long-métrage de Josh Safdie nommé aux Oscars, Timothée Chalamet incarne un pongiste narcissique et manipulateur, au cours des années 1950. Mais plutôt qu'un biopic sportif, le film offre une réflexion sur les traumatismes de l'après-guerre et la force déshumanisante du capitalisme.

Temps de lecture: 6 minutes

À moins de vivre sous terre (et encore), vous n'avez sans doute pas échappé à la promotion ubiquitaire de Marty Supreme, le nouveau film de Josh Safdie, en salles depuis le mercredi 18 février. Timothée Chalamet y incarne Marty Mauser, un joueur de ping-pong arrogant et roublard, prêt à tout pour devenir le champion de sa discipline. Son personnage est librement inspiré de Marty Reisman, vrai pongiste des années 1950. Mais attention, il ne s'agit pas d'un biopic classique et encore moins, contrairement à ce que son marketing pourrait laisser croire, d'un film sur le tennis de table.

Entre le drame, le thriller et la comédie, Marty Supreme n'est pas tant l'histoire d'un champion que celle d'un escroc. Une fuite en avant aussi loufoque qu'anxiogène, qui ne relâche jamais la tension au cours de ses deux heures et demie, tandis que Marty ment, vole et arnaque tous ceux qu'il croise pour tenter d'atteindre son but.

Marty Supreme contient quelques remarquables scènes sportives, dans lesquelles Timothée Chalamet livre une performance exaltée (et pressentie pour lui valoir un Oscar à la mi-mars). «J'ai travaillé avec Diego Schaaf et sa femme Wei Wang, les consultants en ping-pong de Forrest Gump, pendant quatre ou cinq ans entre mes autres projets, nous a raconté l'acteur franco-américain. Pendant les trois derniers mois, j'ai mémorisé les séquences de ping-pong par cœur, comme une chorégraphie, avec parfois quinze ou seize points à retenir.» Comme le reste du film, ces quelques moments sont d'une virtuosité à couper le souffle. Mais derrière son aspect sportif, le récit de Josh Safdie offre surtout une réflexion brillante sur les traumatismes de l'après-guerre.

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Des marginaux new-yorkais comme inspirations

Le réalisateur Josh Safdie et son coscénariste Ronnie Bronstein se sont inspirés d'un groupe de pongistes marginaux des années 1950, qui vivotaient à New York malgré leurs remarquables exploits sportifs. «Ils ne savaient jamais où ils allaient passer la nuit, ils n'avaient pas assez d'argent et leur seul moyen de prendre le métro........

© Slate