Procès de Carmen Enciso, accusée d'avoir démembré son conjoint: elle avait «un rapport à l'argent inquiétant»

Procès de Carmen Enciso, accusée d'avoir démembré son conjoint: elle avait «un rapport à l'argent inquiétant»

Élise Costa – Édité par Émile Vaizand – 18 juin 2026 à 6h55

[Épisode 2/3] Début juin 2026, l'ex-boulangère accusée d'avoir tué et dépecé son conjoint, en mai 2022, a été jugée devant la cour d'assises des Pyrénées-Orientales. Au fur et à mesure que les indices s'accumulent, la personnalité de Carmen Enciso fait surface.

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Le 26 mai 2022, aux alentours de 21h, Carmen Enciso appelle la gendarmerie pour déclarer la disparition inquiétante de son compagnon, François Vigouroux. Elle donne les informations suivantes: 1,80 mètre, 138 kilos, vu pour la dernière fois à 17h30. L'homme, d'ordinaire si ponctuel, n'est pas rentré de sa balade à vélo alors que son fils Quentin l'attendait à 19h chez lui. Ce récit étonne son entourage.

À la barre, Mireille, l'ex-femme de François Vigouroux, croise les bras, le sourire triste. Elle souffle: «François ne faisait du vélo que le matin…» Une routine datant de l'époque où ils étaient ensemble. «Après, il peut changer ses habitudes…», convient-elle.

Mais le patron du café du village est aussi surpris. François Vigouroux et lui sont tous deux copains passionnés de cyclisme. D'habitude, après son tour à vélo, François vient boire un Perrier à sa terrasse. Mais ces derniers temps, il ne montait plus à vélo: «Il avait pris énormément de poids, il avait du mal à se lever», explique le patron du café. Ses vêtements ne lui allaient plus, il n'arrivait plus à fermer son jean. Aux enquêteurs, la factrice confirme. La dernière fois qu'elle l'a vu au café, François Vigouroux avait les yeux rouges et était très essoufflé. «Il avait le regard dans le vide, deux personnes l'aidaient», précise-t-elle face à la cour. Il lui semble que c'était le dimanche avant sa disparition, le 22 mai 2022.

Découverte macabre et disparition inquiétante

Le 1er juin 2022, deux amis de Quentin remontent les routes et les chemins à pied, pour chercher son père. En parcourant la départementale 2, depuis Ille-sur-Têt en direction de la petite commune de Montalba-le-Château (Pyrénées-Orientales), une odeur émanant des fourrés les saisit. En contrebas de la route, ils voient deux grands sacs-poubelle verts à intérieur noir. Inquiets, ils contactent les gendarmes. À l'intérieur des sacs-poubelle, les militaires trouvent des morceaux, découpés, d'un corps humain, en état de décomposition très avancée. L'enquête pour meurtre est immédiatement confiée à la section de recherches de Montpellier.

Très vite, les enquêteurs se sont intéressés à Carmen Enciso.Le major Thierry Laporte, affecté à la division des atteintes aux personnes, est désigné directeur d'enquête. Face aux jurés de la cour d'assises des Pyrénées-Orientales, il explique: «En cas de corps non identifié, la première chose est de faire une recherche des déclarations pour disparition inquiétante.» Le nom de François Vigouroux sort des fichiers.

L'autopsie écartait l'accident, l'anomalie cardiaque, la strangulation, le traumatisme crânien et le décès par balle. En revanche, une plaie franche et perforante, profonde de 8 centimètres, était relevée du côté du poumon droit. Autour du lieu de la découverte des sacs, les militaires quadrillent alors la zone en trois parties. Ni les hélicos déployés ni les chiens renifleurs, spécialisés dans la découverte de cadavres, ne permettent de retrouver les autres parties du corps.

Quentin, le fils de François Vigouroux, tente de retrouver les filles de la compagne de son père. Contactée sur les réseaux sociaux, Naomi lui dit ne plus avoir de contact avec sa mère, Carmen, depuis des mois.

Lors de la perquisition au domicile d'Ille-sur-Têt, les gendarmes avaient été alertés par l'odeur de mort qui régnait dans le salon, au-dessus du garage. Ils avaient retrouvé un dossier de Pacs datant du 2 mai, dont un document portant sur la rédaction de testaments entre personnes pacsées, des draps à imprimé fleuri bordé d'un passepoil bleu –identiques aux morceaux retrouvés sur le corps démembré– et, surtout, insiste le major Laporte, des sacs-poubelle verts à intérieur........

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