Contre les drones iraniens, les États-Unis et leurs alliés en appellent à l’Ukraine |
Défense et diplomatie
Contre les drones iraniens, les États-Unis et leurs alliés en appellent à l’Ukraine
Les attaques par drones menées par l’Iran, dont celle qui a tué un soldat français jeudi 12 mars en Irak, ont fait prendre conscience à Washington et ses alliés de leur vulnérabilité. Ils se tournent désormais vers l’Ukraine, pourtant honnie par l’administration Trump, pour les aider.
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UnUn sous-officier français est mort, jeudi 12 mars au soir, et six autres ont été blessés dans une attaque de drone Shahed contre la base militaire kurde de la région d’Erbil (Irak), où ils étaient déployés depuis la fin janvier afin de former des unités irakiennes à la « lutte contre le terrorisme », selon le ministère des armées. L’adjudant-chef Arnaud Frion appartenait au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère). Il s’agit du premier militaire français tué dans le contexte de la guerre israélo-états-unienne contre l’Iran, qui a débuté le 28 février.
Officiellement, la France ne prend pas directement part aux combats. Mais Emmanuel Macron a annoncé une série de déploiements « défensifs » visant à protéger ses alliés dans la région et à rouvrir la circulation dans le détroit d’Ormuz, important point de passage pour le commerce mondial.
Au total, la France a annoncé l’envoi, en Méditerranée orientale, dans la mer Rouge et au large d’Ormuz, de huit frégates, deux porte-hélicoptères amphibies ainsi que son porte-avions Charles-de-Gaulle. Le président français a également autorisé (contrairement à l’Espagne) le transit d’avions ravitailleurs états-uniens sur la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône), à condition que ceux-ci « ne participent en aucune mesure aux opérations menées par les États-Unis en Iran ».
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Proche des Gardiens de la révolution iraniens, le groupe armé irakien probablement à l’origine de l’attaque de drone qui a tué le militaire français, Ashab al-Kahf, a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi sur Telegram que « tous les intérêts français en Irak et dans la région » seraient désormais « sous le feu de [ses] attaques ».
Avant la France, d’autres États ont subi les attaques par drones de l’armée iranienne et de ses soutiens, dont le Hezbollah libanais et les milices irakiennes. Un drone Shahed a ainsi frappé le 2 mars une base militaire britannique à Chypre, sans faire de victimes. Un autre drone iranien avait tué six militaires états-uniens sur leur base, près du port de Shuaiba, au Koweït, le 1er mars.
Qui est le groupe Ashab al-Kahf ?
Le groupe armé Ashab al-Kahf (« compagnons de la caverne » en arabe) n’a pas clairement revendiqué le tir de drone sur la base des peshmergas de Mala Qara, près d’Erbil où stationnent des soldats français. Il a publié un communiqué indiquant que le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle dans la région faisait de la France une cible.
Apparue en 2019, cette faction armée n’avait jusque-là jamais attaqué ni même menacé Paris. Elle a en revanche revendiqué des attaques contre l’ambassade des États-Unis à Bagdad, selon le média kurde Rudaw. Elle fait partie, affirme Robin Beaumont, chercheur spécialiste de l’Irak au think tank Noria, de « ces groupes armés appelés “facade groups” en anglais, nés après la fin de la guerre contre l’État islamique en 2017, qui sont des émanations de factions chiites ayant combattu l’État islamique et voulant s’intégrer dans les institutions irakiennes ».
Ces factions présentent alors deux visages. L’un, officiel, a abandonné l’action armée contre les États-Unis, encore présents militairement en Irak, et intègre à la fois le jeu politique et les forces armées nationales. L’autre, sous un autre nom, poursuit l’activité de la « résistance ».
La question aujourd’hui est de savoir si l’attaque de drone qui a tué le militaire français et blessé six de ses compagnons restera isolée ou s’il s’agit........