Municipales à Paris: ces questions gênantes sur la corruption que Rachida Dati esquive
Transparence et probité
Municipales à Paris : ces questions gênantes sur la corruption que Rachida Dati esquive
Lors de cette campagne municipale, Rachida Dati a refusé de participer à tout débat avec ses adversaires et a pu, ainsi, éviter de nombreuses questions sur la douzaine d’affaires mettant en cause sa probité. Elle a aussi asséné de nombreuses contrevérités.
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RachidaRachida Dati aura esquivé tous les débats. France Info, LCI ou CNews ont tous jeté l’éponge face au refus catégorique de la candidate Les Républicains (LR) d’affronter ses rivaux en lice pour briguer la mairie de Paris.
Jusqu’au bout, BFMTV a cru y arriver. Le 7 mars dernier, la chaîne annonce un débat exclusif entre tous les candidats, avant de vite rétropédaler. Rachida Dati refuse encore, craignant de s’exposer « à un pugilat ». La chaîne prévoit finalement une « soirée spéciale » où tous les candidats seraient réunis le temps d’exposer, chacun leur tour, leurs ambitions pour Paris. Tout est finalement annulé pour cause, officiellement, de guerre en Iran.
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En refusant toute confrontation démocratique, Rachida Dati aura aussi esquivé de nombreuses questions. Sur son programme, son bilan et ses aspirations. Mais aussi et surtout sur son principal boulet : ses nombreuses mises en cause pour atteinte à la probité.
Fait inédit en effet, si Rachida Dati gagnait l’élection le 22 mars prochain, la prochaine maire de Paris serait jugée six mois plus tard, en septembre 2026, pour corruption et trafic d’influence et pourrait perdre son mandat municipal en cas de condamnation assortie d’une peine d’inéligibilité immédiate.
Lors de ses nombreuses sorties médiatiques pourtant, pas un intervieweur n’a rappelé le problème éthique que peut susciter la candidature d’une personne renvoyée pour un tel procès. Personne n’a rien dit non plus des autres affaires qui pèsent sur elle.
Tous n’y ont vu qu’une question de modalité et l’ont seulement interrogée sur la possibilité qu’elle soit élue en mars puis déchue en cas de condamnation à une peine d’inéligibilité. « Qu’allez-vous faire en cas de condamnation si vous êtes à la mairie de Paris ? », interroge Ici Paris. « Est ce que vous avez anticipé un scénario ? », demande TF1, quand France Info préfère sonder ses émotions : « Ça vous blesse qu’on mette en cause votre probité, Rachida Dati ? »
Ces faibles interrogations ont ainsi permis à l’ex-ministre d’éviter bien d’autres questions plus gênantes. Rien en effet ne lui a été demandé sur le fond de cette affaire Renault et ces 900 000 euros perçus, rien non plus sur ses liens avec GDF-Suez et les 300 000 euros qu’elle aurait perçus par l’entreprise gazière. Aucun intervieweur ne l’a questionnée non plus sur l’enquête ouverte visant une possible dissimulation de 400 000 euros de bijoux à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), lui offrant la possibilité de dérouler ses éléments de langage, quitte à multiplier de nombreuses contrevérités.
« Cette procédure, personne ne la connaît ! »
« Cette procédure, personne ne la connaît ! »
C’est sa réponse systématique. Dès qu’elle est interrogée sur son procès pour corruption, Rachida Dati s’agace en expliquant que ni les Parisiens ni les journalistes ne connaissent le sujet. « Cette procédure, personne ne la connaît ! », a-t-elle déclaré sur Ici Paris. « Moi, je n’ai rien à me reprocher. Il n’y a aucun élément aujourd’hui, a-t-elle ajouté sur France Inter. Personne ne connaît rien de ce dossier. »
Rachida Dati a beau le répéter, ce dossier est connu et facile à connaître. Il a d’ailleurs été rendu public par Mediapart, mais aussi par l’AFP, Le Parisien, Le Monde et Le Nouvel Obs. Dans l’ordonnance des juges d’instruction, elle aussi relayée par la presse, on trouve un aperçu des graves accusations qui planent sur la candidate.
De quoi s’agit-il ? Après six ans d’enquête, les magistrats estiment que Rachida Dati a été payée par Renault-Nissan à partir de 2009, pendant qu’elle était députée européenne, pour remplir une........
